Le froid, allié ou ennemi du jardinier ?

Les deux mon général ! Le froid, et surtout le froid humide peut entraîner des catastrophes au jardin, les plantes pouvant geler ou leurs racines pourrir. Le froid à aussi un rôle bénéfique car il permet aux plantes un repos physiologique et les empêche de repartir trop tôt en végétation.

Certains bulbes ont besoin de froid pour former ou activer leurs ébauches florales et certaines graines ne germeront pas si elles n’ont pas été refroidies. Ne dit-on pas aussi qu’une période de gelée et de neige « purge » la terre !

 

Les plantes sauvages se débrouillent toutes seules.

 

Il y a des plantes de plaine et de montagne, des plantes de climat tempéré et de climat froid, chacune réagira à sa façon mais il est évident que la vivace de montagne qui a chaud et sec l’été doit faire preuve d’imagination l’hiver.

 

Une technique consiste à pousser au ras du sol où les températures sont moins froides et à se laisser recouvrir par la neige qui fera un manteau isolant. La forme sphérique limite la surface et le regroupement en touffes réalise un micro climat, tout comme les poils des feuilles et des tiges. Si la plante concentre dans sa            sève des sucres et des acides aminés, cela abaisse le point de congélation, (c’est pour la même raison qu’un géranium oublié dehors une nuit de froid gèlera moins facilement s’il est légèrement déshydraté).

 

Le froid indispensable à la floraison.

 

De nombreuses espèces ne fleuriront que si elles ont été exposées à des températures froides pendant un temps plus ou moins long. C’est le cas des plantes bisannuelles comme les giroflées, pensées … ou des légumes comme les carottes, betteraves, navets … semées au printemps, elles fleuriront au printemps suivant. L’automne a été sec, propice aux travaux agricoles, nous pouvons constater cette année que de grandes surfaces ont été emblavées. Le blé n’a pas un besoin indispensable de froid pour fleurir mais les blés d’hiver qui passent la saison déguisés en brins d’herbe fleuriront plus tôt que les blés de printemps et auront un meilleur rendement.

 

Les tulipes et autres bulbeuses comportent un bourgeon central dormant, ébauche de feuilles et de fleurs. Planté à l’automne, le bulbe émet des racines qui apportent eau et sels minéraux et le froid lève la dormance du bourgeon qui se développera quand la température repartira à la hausse. La levée de dormance par le froid concerne aussi de nombreuses graines. Le forçage des bulbes consiste à utiliser ce mécanisme à contre saison pour les obliger à fleurir plus tôt.

 

Peut-on acclimater les plantes ?

 

Comme beaucoup, j’ai dans mon jardin des plantes exotiques. Est-ce qu’elles sont adaptées au climat de Cherbourg ?

Après une série d’hivers rigoureux à la fin du XIXème siècle, un membre de la Société d’Horticulture de Cherbourg faisait un constat désabusé : « le mot  “acclimatation ” ne devrait pas faire partie du dictionnaire horticole. Nous n’acclimatons rien du tout. Notre société a introduit depuis 50 ans des quantités considérables de plantes exotiques (…) qui disparaissent, quelque soit leur âge, aussitôt qu’elles rencontrent une température susceptible de désorganiser leurs tissus. »

Cela reste vrai mais, si on ne peut acclimater une plante, on peut, par sélection et croissements créer des variétés qui accepteront de pousser sous nos climats sans précautions particulières, c’est le cas du Lagerstroemia par exemple.

Peut-on acclimater les plantes ?

 

Comme beaucoup, j’ai dans mon jardin des plantes exotiques. Est-ce qu’elles sont adaptées au climat de Cherbourg ?

Après une série d’hivers rigoureux à la fin du XIXème siècle, un membre de la Société d’Horticulture de Cherbourg faisait un constat désabusé : « le mot  “acclimatation ” ne devrait pas faire partie du dictionnaire horticole. Nous n’acclimatons rien du tout. Notre société a introduit depuis 50 ans des quantités considérables de plantes exotiques (…) qui disparaissent, quelque soit leur âge, aussitôt qu’elles rencontrent une température susceptible de désorganiser leurs tissus. »

Cela reste vrai mais, si on ne peut acclimater une plante, on peut, par sélection et croissements créer des variétés qui accepteront de pousser sous nos climats sans précautions particulières, c’est le cas du Lagerstroemia par exemple.

Comment nos plantes tolèrent-elles le froid ?

 

Le froid intense, inférieur à zéro degrés tue les plantes gélives par la formation de cristaux de glace à l’intérieur des cellules qui éclatent. Pour ces plantes, aucune possibilité de survie si on ne les rentre pas ou si on ne les protège pas par paillages ou voiles d’hivernages qui empêchent la température de devenir négative. Mais il y a des plantes qui meurent de froid avec des températures positives entre 2 et 10 degrés. On l’a constaté l’hiver dernier : des plantes qui étaient encore vivantes après la neige ont végété quelques semaines avant de disparaître en mars alors que les températures étaient restées basses mais pas négatives. La rapidité d’installation du froid joue aussi. Il y a un endurcissement au froid pendant la période automnale et des plantes qui ont passé vaillamment l’hiver n’accepteront pas une gelée blanche de printemps soudaine. Autre curiosité, les plantes alpines, habituées aux froids rigoureux des montagnes ne passeront pas l’hiver dehors chez nous : elles n’ont pas la neige pour les protéger et elles ne survivront pas à l’humidité.

 

Que dire pour conclure ? La nature fait bien les choses et nous rappelle que notre savoir et nos techniques ont des limites : « Un oranger, sous le ciel Irlandais, on ne le verra jamais … »

Chantait Bourvil !

 

N.B : pour en savoir plus reportez vous au numéro 614 de « jardins de France », revue de la Société d’Horticulture Française, qui a inspiré l’essentiel de cet article.

 

F.F pour Art et Jardins du Cotentin.