Eloignez les moustiques.

 

 

 

 

Comment profiter d’une belle soirée d’été sur sa terrasse ou son balcon sans être confronté à l’attaque de moustiques qui transforment en cauchemar la fin du repas… et la nuit suivante.

 

Outre les classiques bougies ou flambeaux à pétrole ainsi que les fumigènes répulsifs, il faut penser aux plantes aromatiques dont le parfum repousse les moustiques et que vous pourrez en outre utiliser comme plantes décoratives, culinaires, ou en tisane

 

 

 

Les  pélargoniums, (improprement, mais habituellement, appelés géraniums).

 

Tout le monde connaît ces plantes vivaces à feuillage persistant et à la floraison généreuse cultivées en pots, jardinières ou pleine terre mais qui ne sont pas rustiques, imposant une protection l’hiver. Leur odeur dérange les moustiques mais leur efficacité est inégale car ils sont plus ou moins odorants. C’est l’odeur des feuilles qui est en cause et non celle des fleurs.

 

Diverses variétés sont à retenir.

 

Les pélargoniums à feuilles aromatiques, ‘’P. Capitatum’’, par exemple, ont de petites fleurs en étoile. Le feuillage est odorant et parfois utilisé en parfumerie.

 

Le géranium rosat a des fleurs mauves et des feuilles bilobées à odeur intense. Il est cultivé pour faire de l’essence de géranium, (à la Réunion par exemple), mais pousse bien en pot.

 

P Crispum a un feuillage à odeur de citron et de petites feuilles vert pâle arrondies et à bord finement crispé comme du persil.

 

P ‘’Mabel Grey’’ a, lui aussi, une forte odeur de citron et des feuilles dentées très découpées.

 

P fragrans à une forte odeur de pin.

 

P. ‘’Lady Plymouth’’ a une odeur d’eucalyptus.

 

P. ‘’Prince of Orange’’ a de petites feuilles arrondies à odeur d’orange.

 

P tomentosum est un aromatique buissonnant à grandes feuilles veloutées gris-vert à forte odeur de menthe poivrée. Buissonnant, il est conseillé de pincer les extrémités des tiges pour limiter son développement.  Contrairement à la plupart des géraniums, Il n’aime pas le plein soleil.

 

‘’Mosquito Fighter’’ aux fleurs roses et rouges serait très efficace contre les moustiques, comme son nom l’indique.

 

 

 

La mélisse.

 

‘’Melissa officinalis’’, souvent appelée citronnelle, présente de petites feuilles dentelées à odeur caractéristique et qui peuvent servir à confectionner des tisanes aux vertus apaisantes et digestives. La mélisse pousse dans toutes les terres, aussi bien à l’ombre qu’au soleil et est même exubérante et envahissante.

 

La ‘’citronnelle’’ de Madagascar, ‘’Cymbopogon Citratus’’, n’a rien de commun avec notre mélisse si ce n’est son nom commun. C’est une graminée aromatique utilisée en cuisine asiatique. Ses longues feuilles de 60cm à 1m50 sont coupantes. Cette plante est gourmande d’eau et ne supporte pas les températures inférieures à 10° 

 

 

 

Le thym citron.

 

‘’Thymus x citriodorus’’ est un grand classique, facile à cultiver en pot ou en pleine terre puisqu’il est rustique jusqu’à -10°. Il persiste toute l’année et se comporte comme un tapissant avec ses petites feuilles arrondies un peu plus grandes que celles des autres thyms. On peut le disposer en vaste tapis en plantant des touffes espacées de 30cm. Il aime le plein soleil et une terre légère plutôt sèche. Au printemps, une floraison mauve-rose recouvre les plantes.

 

 

 

Et pourquoi pas un eucalyptus ?

 

‘’Eucalyptus Gunnii’’ est la variété conseillée à cause de ses feuilles odorantes gris-vert. Si vous le mettez en pleine terre, il sera rapidement très encombrant puisqu’il pousse vite et dépasse facilement 10 mètres. Par contre, si vous le mettez en pot, il grandira beaucoup moins et beaucoup moins vite, pouvant atteindre quand même 2 mètres d’envergure. Il se plait au soleil ou en mi ombre et résiste à -15°. Bien entendu, comme toutes les plantes aromatiques, il aura d’autant plus d’odeur qu’il bénéficiera de plus d’heures de soleil.

 

 

 

Et si vous vous faites piquer quand même, ne vous grattez pas, ne mettez pas de crèmes mais utilisez un procédé peu onéreux et très efficace. Comme les venins de nombreux insectes piqueurs, le venin de moustique est détruit par la chaleur, il suffit donc de faire tremper ou d’appliquer une compresse chaude sur la zone à traiter pendant quelques secondes à 3 ou 4 reprises. La température efficace devra être de 45 à 50°, soit à la limite de ce que l’on peut supporter sans se brûler. La démangeaison disparaît aussitôt.

 

Cela marche aussi pour les piqures de taons à la campagne ou pour les piqures de vive à la mer.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                   F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

Les fleurs et les peintres. Expression artistique et symbolique.

es plantes, et les fleurs en particulier, ont, depuis toujours, une place considérable dans l’imaginaire de l’homme. On retrouve leur importance dans les civilisations les plus anciennes et la mythologie leur accorde une place prépondérante, leur donnant pour origine la transformation de héros ou d’êtres aimés comme Narcisse, Adonis, Hyacinthe, Daphné… Ovide, dans ses ‘’Métamorphoses’’ regroupe ces légendes qui ont été pour les peintres de tous les temps une source inépuisable de sujets. Au fil du temps, les fleurs et les plantes ont été regardées de manières différentes mais, tout au long des siècles, elles ont gardé leur suprématie.

 

C’est que le monde végétal, création de la nature, est très particulier. Il est placé entre ciel et terre et il est en lien privilégié avec les quatre éléments : la terre pour la nourriture par les racines, le feu, (le soleil), pour la croissance, l’eau, (la sève), pour la vie, l’air, (le vent) pour disperser les graines. Ce monde végétal représente le cycle de la vie, de la naissance à la mort, voire à la résurrection et, s’il est associé à la vie par les remèdes qu’il peut fournir, il est aussi partenaire de la mort par les poisons qu’il contient.

 

 

 

Dans l’Antiquité.

 

Flora incarne la Nature, on la trouve dans les fresques romaines, représentée avec sa corne d’abondance et cueillant des fleurs.

 

En Egypte, le lotus était l’emblème de la Basse Egypte, le lys, celui de la Haute Egypte. On a retrouvé un bouquet de roses dans la tombe de Toutankhamon.

 

Brahma est né d’une fleur de lotus. Bouddha est représenté assis dessus, en ‘’lotus’’.

 

En Chine, la pivoine, (symbole de bonheur), correspond au printemps, le lotus, (pureté et perfection), à l’été, (dans le bouddhisme, il renvoie aux trois stades de l’existence, passé, présent et avenir), le chrysanthème, (vivacité et aisance), à l’automne et le prunier, (longue vie et constance), à l’hiver.

 

 

 

Avec la chrétienté, 

 

La symbolique des fleurs prend une nouvelle signification. On représente le jardin d’Eden, le jardin de la Vierge… Les enluminures des livres d’heures comportent des multitudes de fleurs. Dans les tableaux d’Annonciation, le lys blanc, symbole de pureté, est associé à Marie dont les couleurs sont le bleu et le blanc. La rose, symbole de l’amour, associée à la Passion, est aussi une de ses fleurs. Les grains du chapelet, (‘’Rosaire’’), étaient à l’origine des boutons de roses et les ‘’rosaces’’ des églises et cathédrales représentent le plus souvent la Vierge.

 

 

 

La Renaissance.

 

C’est l’apparition des jardins botaniques et la découverte des fleurs : auparavant, on ne connaissait que les jardins des cloîtres, à vocation médicinale. Les tableaux des maîtres hollandais comportent plus de cinquante végétaux différents. Dans les ‘’vanités’’, (ou ‘’natures mortes’’), les boutons symbolisent la jeunesse, les fleurs épanouies, la force de l’âge et les fleurs fanées, la mort. Des insectes divers sont souvent associés, chacun ayant sa signification, ainsi que de petits objets.

 

Ultérieurement, on fera des représentations de plantes les plus exactes possibles, véritables herbiers, les planches de Redouté, essentiellement des rosiers, sont les plus célèbres.

 

 

 

Les ‘’Impressionnistes’’.

 

Changement de style : la photo a été inventée, plus besoin de faire des représentations exactes. Les peintres vont traduire leurs ‘’impressions’’, leurs états d’âme. C’est, par exemple, ‘’la Dame aux chrysanthèmes’’ de Degas, ou ‘’le Bouquet de violettes’’, ‘’le Champ de coquelicots’’, ‘’le Jardin’’ de Monet où l’on trouve d’innombrables nuances de couleurs.

 

Le Fauvisme en diffère, Gauguin va peindre énormément de fleurs, en France ou en Océanie. A l’asile de saint Rémy, Van Gogh créera sept tableaux de ‘’Tournesols’’, très tourmentés, tout comme ses ‘’Iris’’. « La peinture est le paratonnerre de ma maladie » dira-t-il.

 

Le Douanier-Rousseau représente une flore plus ou moins imaginaire et exubérante.

 

A signaler aussi au 19ème siècle, l’apparition sur les murs des maisons des papiers peints, représentant le plus souvent plantes et fleurs.

 

L’art moderne avec Picasso, Dali, Matisse ou le ‘’street art’’ a aussi utilisé les fleurs comme symboles… on aime ou on n’aime pas !

 

 

 

Quelques mots enfin de la symbolique des fleurs et de leur utilisation comme emblèmes.

 

La fleur de lys, qui est en fait un iris, adoptée par Clovis, deviendra l’emblème de la royauté en France.

 

Les ‘’Nymphéas’’ de Monet, ce tableau, peint en 1915, fut offert à Clemenceau, le Père la Victoire, ami de Monet. Pour les chinois, ‘’de la sombre profondeur de l’étang, le lotus apporte beauté et lumière’’. Il symbolise donc la victoire à venir.

 

Lors de cette même guerre, le bleuet fut choisi par les Français comme symbole des jeunes recrues, arrivant sur le front avec le pantalon bleu qui avait remplacé le pantalon rouge-garance des anciens régiments. Les Anglais ont retenu le coquelicot, qui renaît et fleurit même sur les terrains dévastés par la guerre.

 

Dans les années 1960-70, le mouvement Hippie, ‘’Flower Power’’, met des fleurs partout, sur les vêtements, les voitures…

 

Les fleurs donnent leur nom à des révolutions : l’œillet au Portugal, la rose en Serbie, le jasmin en Tunisie…

 

Dans les maisons de couture, Channel choisira le camélia, Dior, le muguet et Kenzo, le coquelicot…

 

Et vous, quelle est votre fleur fétiche ?

 

 

 

 

Légende de la photo :

 

                        Le lys blanc, symbole de pureté, est une des fleurs les plus utilisées dans les bouquets dédiés à la Vierge. A remarquer que la vierge de la statue d’albâtre tient, elle aussi, un lys dans sa main.

 

 

 

 

                                                                       F. F. pour Art et Jardins du Cotentin

 

 

 

 

 

NB : Cet article est largement inspiré de la conférence que madame Béatrice Bérard a donnée à Cherbourg le 9/11/16 à la demande de Art et Jardins du Cotentin.

Comment multiplier les succulentes ?

 

 

 

 

On désigne sous le nom de plantes succulentes les plantes qui accumulent du suc pour résister à la sécheresse. Les cactées en font partie mais aussi de nombreuses plantes non agressives à feuilles épaisses. Les techniques de multiplication sont multiples : bouturage, marcottage, greffage, ou semis.

 

 

 

Le bouturage.

 

Cela consiste à prélever un morceau de la plante, tige, feuille, (aénium, crassules…), ramifications, (opuntia, cactus de Noël…), rejet, (mamillaria, gastéria), ou sommet que l’on coupe,  de le laisser sécher quelques jours et de le placer ensuite sur un terreau légèrement humide où il émettra des racines. Si on coupe le haut d’un cactus, on obtiendra une nouvelle plante avec lui, cependant que sa base produira des rameaux latéraux que l’on pourra prélever ultérieurement pour multiplication.

 

Le terreau de bouturage devra être poreux : un tiers de terreau de feuilles, un autre de terre de jardin et un troisième de sable de rivière non calcaire. Il faudra le maintenir humide sans excès sous peine de pourriture. C’est lorsque les plantes sont en période de végétation active que l’on a le plus de réussite, (fin de printemps, début d’été).

 

 

 

Le marcottage.

 

Il consiste à laisser les tiges des succulentes à multiplier au contact de la terre et à prélever les portions qui ont émis des racines pour les replanter individuellement. C’est une technique facile pour les succulentes qui s’étalent comme les sénécios, les echeverias, les kalanchoé, les orpins…

 

 

 

La greffe.

 

On prélève un morceau de tige et on l’applique sur un porte greffe. Dans la mesure où la sève peut circuler entre les deux, il y aura fusion. Cela permet de conserver des cactées fragiles en les installant sur des porte greffe vigoureux. La bonne période pour intervenir est celle de végétation active.

 

 

 

Le semis.

 

Cette technique est très intéressante dans la mesure où l’achat des plantes grasses est souvent onéreux alors que les graines sont très abordables. Il est aussi très agréable de suivre le développement de plantes que l’on a semées et de pouvoir les offrir à ses amis.

 

Le secret de la réussite dépend de la capacité que l’on a de doser chaleur, humidité et aération.

 

La chaleur : il faut une température de 18 à 30 degrés. On procédera donc en fin de printemps mais il faudra une pièce chaude. On peut se faire aider par une plaque chauffante placée sous le bac de semis.

 

L’humidité : nécessaire mais sans excès. Un bon drainage est indispensable. On peut créer une atmosphère de mini serre avec un film plastique mais il faut éviter le confinement.

 

L’aération : les champignons adorent l’humidité et la chaleur, sans une bonne aération ils vont se développer et provoquer une fonte des semis.

 

Pour le contenant, un bac de 30x40 cm profond de 5 cm fera l’affaire. On utilisera un mélange de terreau de feuilles, de sable non calcaire et de petits graviers ou de perlite, un tiers de chaque, et une eau non calcaire, eau de pluie par exemple. Les graines sont très fines, on les disposera en surface en tassant légèrement, la couche recouvrante ne doit pas dépasser l’épaisseur de la graine. On pourra terminer la mise en place par une brumisation. Il faut ensuite surveiller l’hydratation en ne laissant pas sécher sans pour autant mouiller trop.

 

En fonction des variétés, la levée se fera en 5 à 20 jours et l’aération sera primordiale à ce moment. Par la suite, on continuera de gérer l’apport d’eau avec la plus grande attention, surtout l’hiver suivant, et on commencera les repiquages en pots individuels au printemps suivant le semis.

 

Il est déconseillé de mélanger les graines et prudent d’effectuer de bons étiquetages.

 

 

 

Voici donc quelques techniques pour se constituer une collection de succulentes. Ce sont des plantes agréables parce que faciles d’entretien et peu fragiles pourvu qu’on ne les arrose pas trop. Leur floraison est somptueuse et leur culture nécessite peu de place, que ce soit en appartement, en terrasse ou dans sa cour.

 

 

 

 

 

                                                                       F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

Conseil du jardinier.

 

 

 

 

 

Ne mettez pas de soucoupe sous les pots de succulentes, cela vous évitera de les faire pourrir en laissant de l’eau stagner dedans.

 

Comment faire refleurir les plantes d’intérieur,

 

 

 

 

Théoriquement, toutes les plantes fleurissent. L’intérêt de leur floraison est variable, certaines plantes vertes n’étant considérées que pour leur feuillage. Parmi celles que l’on sélectionne pour leurs fleurs, rares sont celles qui fleurissent toute l’année. Il faut donc accepter les périodes de repos pendant lesquelles elles reconstituent leurs réserves. Il est donc important de connaître le végétal, son cycle naturel, ce qui le fait fleurir, et ses besoins en chaleur, arrosage, lumière et fertilisation. Pour prolonger cette floraison, il est conseillé, si on le peut, d’abaisser la température ambiante, ce qui retarde la fanaison et de supprimer les fleurs qui montent à graines car cela fatigue la plante. De plus, comme elle est programmée pour se reproduire, elle aura tendance à faire de nouvelles fleurs.

 

 

 

Les orchidées.

 

Deux variétés ont la réputation de refleurir facilement, les phalaenopsis et les cymbidiums.

 

Certains phalaenopsis fleurissent toute l’année. Il faut leur offrir des conditions stables, une bonne luminosité sans soleil direct, faire tremper les racines une demi-heure chaque semaine, avec de l’engrais liquide toutes les trois semaines.

 

Les cymbidiums fleurissent au printemps sur quelques mois. Pour cela, il faut les laisser passer l’été dehors et ne les rentrer à l’automne que lorsqu’ils auront eu froid. Il faut alors les traiter comme toute plante d’intérieur avec des apports réguliers d’engrais liquide.

 

 

 

Les bégonias vivaces.

 

De nombreux bégonias d’intérieur, comme les bégonias bambusiformes, les bégonias ‘’Rex’’ ou les bégonias caulescents ont très bon caractère et certains fleurissent tout au long de l’année pourvu qu’on les arrose régulièrement, (sans trop pour éviter les pourritures), et qu’on leur assure une température entre 15 et 20°.

 

 

 

Les streptocarpus.

 

Ils fleuriront sans discontinuer du printemps à l’automne s’ils bénéficient d’une forte luminosité et d’apports réguliers d’engrais et d’eau. En hiver, réduire la température à 10-15° et diminuer les arrosages. Au printemps, on peut facilement les multiplier en divisant les souches.

 

 

 

Les saintpaulias.

 

Discret, (ne l’appelle-t-on pas aussi Violette du Cap ?), le saintpaulia peut vivre des années si vous prenez soin de le dépoussiérer, d’enlever les fleurs fanées, de lui apporter deux fois par mois de l’engrais liquide et de l’arroser régulièrement en ne laissant jamais ses racines se détremper dans l’eau de la soucoupe.

 

En fin d’hiver, il est conseillé de le laisser se reposer au frais, (10-15°), et de l’arroser parcimonieusement pendant quelques semaines. On reprendra fertilisation et arrosages lors de l’apparition de nouvelles feuilles.

 

 

 

Spathyphyllums et anthuriums.

 

Ce sont aussi des plantes faciles aux feuilles décoratives qui se contentent d’arrosages réguliers avec engrais deux fois par mois. Une seule exigence : une grande luminosité.

 

 

 

Les euphorbes.

 

Les plus souvent proposées sont les poinsettia-étoiles de Noël. Ce sont les feuilles qui se colorent à l’approche de l’hiver, une discrète floraison apparaissant au centre. Elle demande une température d’au moins 15° l’hiver et, à partir de février, on la cultive comme une plante d’intérieur en lui apportant de l’engrais tous les 15 jours. En octobre novembre, une fraicheur relative à 15° est conseillée… mais le résultat est inconstant…

 

‘’Euphorbia milii’’, épine du Christ, est aussi une euphorbe mais qui a des habitudes de plante grasse. Il faut la maintenir presque au sec en hiver à une douzaine de degrés. Un engrais retard lui convient mieux que des arrosages réguliers à l’engrais liquide. Elle a bien meilleur caractère que la poinsettia mais attention, ses épines sont brutales !

 

 

 

Les amaryllis.

 

Qui n’a pas essayé de faire refleurir un bulbe d’amaryllis… et n’a pas été déçu ? La recette est pourtant simple : couper la hampe florale après fanaison. Lorsque les feuilles sont formées, arroser chaque mois avec de l’engrais liquide et placer en plein soleil. Lorsque les feuilles sèchent, (théoriquement en mai-juin, mais elles ont une fâcheuse tendance à ne pas sécher !), ne plus arroser jusqu’à ce que les boutons floraux se forment. On peut aussi essayer de leur faire passer printemps et été en pleine terre mais attention, ce n’est pas une plante de pleine terre et il faudra rempoter à l’automne. On pourra espérer dans les meilleurs des cas une hampe florale à deux ou trois fleurs mais il est évident que nous n’avons pas les arguments de forçage des professionnels.

 

 

 

Beaucoup de fleurs sont donc à notre portée pour les faire refleurir régulièrement, une seule condition : être attentionné et s’en occuper régulièrement, comme les amis, il ne faut pas les oublier trop longtemps…

 

 

 

 

 

                                                                        F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

La taille raisonnée des arbustes. (2).

 

 Le mois dernier, (voir l’article jardinage du 8 janvier), les principes généraux de la taille des arbustes ont été évoqués en fonction de leurs caractéristiques selon qu’ils sont ‘’acrotones’’, (Poussant à partir de leur sommet ou du sommet de leurs axes), basitones, (émettant de nouvelles pousses à partir de la souche), ou médiatones, (développant des rameaux verticaux vigoureux partant du milieu des pousses de l’année précédente).

 

Aujourd’hui, on va passer en revue quelques uns des arbustes les plus courants de nos jardins pour plus de précisions sur ce qu’il est souhaitable de faire pour concilier esthétique et floraison.

 

 

 

Abélia : basitone, mésotone acrotone. Elimination des vieux bois au ras de la souche et conservation des jeunes d’un et deux ans. Intervention à faire en fin d’hiver.

 

Abutilons : dominante acrotone. Ils fleurissent sur les pousses de l’année et gardent leur esthétique en l’absence de taille. On n’interviendra donc que pour des tailles d’éclaircissage et limiter leur extension.

 

Petits acers : exclusivement acrotones. On se contentera d’un éclaircissage des branches pour mettre en valeur la structure. Intervention avant la reprise de végétation.

 

Amélanchier : moyennement basitone, fortement acrotone. On sélectionnera les bois jeunes. Possibilité de limiter ou de réduire le volume au sécateur et d’éclaircir les branches pour mise en valeur. Intervenir avant la reprise de végétation.

 

Aucuba : dominante acrotone. Sélectionner les bois jeunes et limiter l’extension en fin d’hiver.

 

Azalées et rhododendrons : exclusivement acrotones. Ne pas tailler sauf impératifs de limitation de volume et d’éclaircissage. A faire au sécateur.

 

Azara : exclusivement acrotones. Eclaircir les branches si on  a besoin de mettre en valeur la structure.

 

Berbéris caducs et persistants : essentiellement acrotones. Sélectionner les bois jeunes et contrôler le volume au sécateur en hiver car il augmente du fait de rameaux mésotones.

 

Buddleia davidii : basitone et médiatone. On peut procéder à un recépage en fin d’hiver ou sélectionner une charpente semi-pérenne.

 

Callistemon : fortement acrotone. Se contenter d’un éclaircissage au sécateur.

 

Callunas et éricas : fortement acrotones. Réduction de volume prudente à la cisaille.

 

Camélias : exclusivement acrotones. Réduction de volume ou éclaircissage au sécateur après la floraison.

 

Céanothes persistants : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Choisya : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Cistes : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Cornus stonolifera : basitones. Couper au ras de la souche pour favoriser verticalité et vigueur. Les autres cornus étant à dominante acrotone bénéficieront seulement de coupes de réduction ou d’éclaircissage.

 

Cotonéasters : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Cytises : acrotones. Ces plantes qui ont beaucoup de mal à engendrer des repercements sur vieux bois devront impérativement  et régulièrement subir une réduction de volume sur du bois encore porteur de feuilles. ‘’Spartium junceum’’, (‘’genêt d’Espagne’’), est le seul à fleurir sur le bois de l’année et à effectuer des repousses sur vieux bois. On peut donc le réduire, faire une taille sur charpente ou le recéper totalement sur souche juste avant le débourrement.

 

Deutzia : essentiellement basitone, (les plus grands ont également de la médiatonie). Sélectionner les jeunes bois d’un an, à la rigueur de deux ans, sur souche et charpente temporaire.

 

Euonymus, (fusains) : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Forsythia : basitone et rameaux médians. Sélectionner les jeunes bois sur souche après la floraison. Les rameaux de deux ans sont les plus florifères.

 

Fuchsias : basitones, mésotones et acrotones. Comme les phygelius qui en sont proches ils peuvent être rabattus sur souche à la fin de l’hiver. Ce n’est pas impératif pour fuchsia magellenica dont on peut attendre que la vigueur chute pour intervenir.

 

Grévillea : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Hébés, (véroniques) : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur ou à la cisaille.

 

Kalmia : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Kerria, corète du Japon) : basitone. Sélectionner les jeunes bois sur souche, ne garder éventuellement que ceux d’un an.

 

Kolkwitzia : basitone et très mésotone. Sélectionner les bois jeunes sur souche et sur charpente temporaire après floraison.

 

Lavande : exclusivement acrotone. Faire une taille à la cisaille en fin de floraison en raccourcissant des deux tiers. Attention, un rameau dépourvu de toute végétation ne se regarnira probablement pas

 

Leptospermum : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Leycestéria formosa, (arbre à faisans) : basitone. Recépage total annuel ou sélection des bois d’un an sur souche ou charpente temporaire.

 

Mahonias : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Paeonia suffruticosa, (pivoine arbustive) : basitone et acrotone. Eclaircissage des branches, (rarement utile).

 

Perovskia : basitone. Recépage total annuel ou sélection des bois d’un an sur souche pour contrôler sa vigueur.

 

Phlomis : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur après floraison pour le rendre plus compact.

 

Photinia : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Rhamnus : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Raphiolepis : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Skimmia : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Spirée de printemps : basitone et rameaux médians. Sélection sur souche des jeunes bois.

 

Spirée d’été : basitone et rameaux médians. Sélection des jeunes bois sur souche.

 

Syringas, (lilas) : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Viburnums caducs : acrotones. Sélection sur souche des jeunes bois.

 

Viburnums persistants : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Weigélia : basitones et rameaux médians. Sélection sur souche des jeunes bois. La suppression sur la souche d’un tiers des rameaux plus anciens par an permet d’assurer un renouvellement constant.

 

 

 

Ce survol de quelques végétaux est évidemment schématique et incomplet. Rappelez-vous que l’on taille en principe après la floraison ce qui fleurit sur le bois d’un an et en fin d’hiver ce qui fleurit sur le bois de l’année. Cependant, les éclaircies sur souche peuvent tout à fait se faire en fin d’hiver sur toutes les plantes, y compris et surtout sur les basitones, à partir du moment où seulement quelques vieux rameaux sont supprimés et où ceux qui sont conservés ne sont pas réduits. On rabat sur souche ou on sélectionne les bois jeunes sur les basitones et les basitones à rameaux médians, on éclaircit les acrotones ou on n’y touche pas. Pour plus de détails vous pouvez vous reporter au livre de Pascal Prieur : ‘’ La taille raisonnée des arbustes d’ornement’’ aux éditions Ulmer.

 

 

 

                                                                       F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

 

 

 

 

Légende de la photo :

 

Les abutilons, à dominante acrotone, fleurissent sur les pousses de l’année. On n’interviendra que pour des tailles d’éclaircissage visant à limiter leur extension. Cet abutilon mégapotamicum, planté au pied d’un arbre, se comporte comme une liane grimpante.

 

Les bourdons soigneurs vaccinent les fraisiers

Sus à la pourriture grise sur les fraises et les framboises ! Les insectes pollinisateurs sortent de leur ruche badigeonnés d’un pesticide naturel. Une trouvaille récompensée au Salon des productions végétales, à Angers.

Le bourdon, le bon champignon, la pourriture grise et le fraisier. Ce sont les quatre principaux acteurs du western végétal et animalier qui se joue dans les serres et qui trouve son épilogue dans nos assiettes.

La pourriture grise, c’est un champignon microscopique parasite des fraises et des framboises. Invisible sur les cultures, ce champignon se développe le plus souvent après la récolte, dans les barquettes de fruits rouges. C’est à cause de lui si le consommateur doit jeter à la poubelle ses fraises ou framboises, soudainement envahies par une moisissure galopante.

Ce champignon tueur de qualité frappe lors de la floraison. « La chute des pétales crée des microblessures qui lui servent de porte d’entrée », raconte Yann Jacques, le responsable produit de l’entreprise Biobest qui observe tout ce petit monde à la loupe.

Le bon champignon est sélectionné par la firme franco-canadienne Lallemand, spécialiste de la protection des cultures. C’est un ennemi naturel de la pourriture grise. Il tapisse la fleur de fraisier ou de framboisier, en toute innocuité. Dès que la pourriture grise pointe son nez, il le cannibalise, sans pitié. Pour faciliter son travail, Lallemand a concentré ses spores dans un biofongicide en poudre, baptisé Prestop 4B et homologué par l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses).

Un ennemi naturel

Le bon champignon est sélectionné par la firme franco-canadienne Lallemand, spécialiste de la protection des cultures. C’est un ennemi naturel de la pourriture grise. Il tapisse la fleur de fraisier ou de framboisier, en toute innocuité. Dès que la pourriture grise pointe son nez, il le cannibalise, sans pitié. Pour faciliter son travail, Lallemand a concentré ses spores dans un biofongicide en poudre, baptisé Prestop 4 B et homologué par l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses).

Et notre bourdon ? Il est élevé par l’entreprise belge Biobest, la première au monde à s’être lancée, dans les années 80, dans l’élevage massif d’insectes pollinisateurs. Et dans la production de mini-ruches ruches portables sous forme de boîtes plastiques cartonnées renfermant une reine et des ouvrières.

« En Belgique, nous produisons chaque année 500 000 colonies. Nous avons aussi des sites de production en Turquie, Chine, Argentine, Canada, Californie… », poursuit Yann Jacques. Diplômé d’un master en production et technologie du végétal, le jeune homme a conçu une ruche permettant au bourdon, non seulement de polliniser les plantes, mais aussi, et c’est nouveau, de jouer le rôle de médecin volant.

Piste de décollage spéciale

Comment ça marche ? La ruche Biobest « flying doctor » est équipée d’un « distributeur » ou « pédiluve ». Les bourdons passent par une piste de décollage recouverte de la poudre biofongicide Prestop 4B, concentrée en spores de bon champignon. « Badigeonnées de produit sur les pattes, le thorax et l’abdomen, les ouvrières de la ruche butinent les fleurs de fraisiers et de framboisiers à la recherche du nectar et du pollen pour nourrir la colonie, relate Yann Jacques. Ce faisant, elles vaccinent les fleurs contre les attaques de pourriture grise. »

Le bourdon soigneur permet aux maraîchers et à leurs salariés de ne pas pulvériser de pesticides chimiques de synthèse. Le western du bourdon soigneur, du bon champignon et de la pourriture grise se termine en happy end dans nos assiettes : des fraises et des framboises qui ne pourrissent plus, sans résidu de pesticide chimique !

Source Ouest-France

La taille raisonnée des arbustes. (1).

 

 

Il s’agit de faire une taille respectueuse du végétal. La taille n’est pas une nécessité biologique. Plus une plante est proche de ses origines botaniques, moins elle a besoin d’être taillée. C’est différent pour les espèces horticoles élaborées par l’homme, certaines sont quasi incapables de perdurer sans taille mais cela ne concerne que très peu de végétaux. On peut faire un parallèle avec les animaux : alors que les animaux sauvages n’ont pas besoin de l’homme, certains animaux domestiqués comme les poules ne peuvent survivre sans lui, par contre, les chats, les chevaux et les chèvres peuvent très bien se débrouiller seuls.

 

Principes fondamentaux de la taille :

Plus la taille est importante et radicale, plus les réactions seront violentes et désorganisées. Il faut apprendre à ‘’lire’’ le végétal.

Une trop grande vigueur s’oppose bien souvent à la floraison, donc, plus une plante sera vigoureuse, moins il faudra la tailler pour qu’elle fleurisse correctement. Dans la plupart des cas, plus un rameau est proche de la verticale, plus il est potentiellement vigoureux.

 

Rôle des hormones végétales.

L’auxine secrétée par les bourgeons terminaux empêche le débourrement des bourgeons axillaires. La deuxième année, elle favorise le développement horizontal de ces rameaux axillaires et favorise la floraison. Elle stimule aussi le développement des racines.

Les cytokines favorisent le développement des bourgeons axillaires et le développement vertical des rameaux dont elles provoquent une vigueur qui inhibe ou retarde la floraison.

Il y a un équilibre qui s’installe entre les deux hormones.

Si on supprime un bourgeon terminal, on supprime la dominance apicale et on favorise le réveil des bourgeons latéraux.

 

Mode de ramification des arbustes et conséquences.

Acrotonie. Cela concerne les plantes dont les axes ont un comportement acrotone, du grec ‘’acro’’ : sommet. Une plante acrotone pousse à partir de son sommet et du sommet de ses axes. Elle n’a pas besoin de taille pour elle-même car elle fleurit sur les jeunes pousses. Tous les arbres fonctionnent de manière acrotone et n’ont donc pas besoin de taille.

Basitonie. La plante émet de nouvelles pousses vigoureuses à partir de la souche ou de la base des rameaux : basitonie de souche ou de rameaux. Certaines produisent des stolons ou des drageons : basitonie sous terraine. Ces plantes ne grandissent pas, elles n’ont pas besoin de taille mais il faut les renouveler en supprimant les bois anciens, car ce caractère basitone peut se perdre s’il n’est pas stimulé régulièrement. ‘’Physocarpus Opulifolius’’, par exemple, perdra définitivement sa basitonie s’il n’est pas éclairci sur la souche régulièrement.  C’est ce que les Arbusticulteurs appellent une ‘’basitonie d’éducation’’ : en éliminant le vieux bois, on apprend à la plante à faire de nouvelles pousses à partir de sa base, c’est d’autant plus facile qu’elle est plus jeune. Une fois leur système racinaire bien implanté, les plantes strictement basitones grandissent dans l’année de leur hauteur définitive. Le weigélia est une plante basitone, si on coupe le haut, il fera du bois mais pas de fleurs. Par contre, si on élimine des tiges, il en pousse d’autres.

Rameaux médians : Arcures et mésotonie. La plante développe des rameaux arqués ou droits qui partent du milieu des pousses de l’année précédente ou de bois plus anciens dans le but de régénérer la plante. Le forsythia est une plante basitone à rameaux médians mais qui ne grandissent pas. Par contre, le sureau a une basitonie et des rameaux médians qui le font grandir. Cette capacité d’une plante à grandir à partir de ses rameaux médians s’appelle la ‘’médiatonie’’.

Mais la nature ne se laisse pas enfermer dans nos classifications, de nombreuses plantes font preuve d’indépendance, ainsi, le berbéris est médiatone, basitone et acrotone !...

 

Floraison.

Elle peut survenir sur les pousses de l’année, c’est le cas des rosiers dont certains sont remontants, fleurissant en été ou tout au long de l’année sur le bois qui vient de pousser.

Quand la floraison concerne le bois de l’année précédente, les bourgeons se forment mais restent en dormance. On peut avoir des bourgeons uniquement floraux ou mixtes à fleurs et feuilles. En principe, une floraison hivernale ou du début de printemps se fait sur le bois de l’année précédente, une floraison d’été intervient sur le bois de l’année. Si la floraison survient en fin de printemps ou début d’été, c’est moins simple à classifier. Ainsi, hydrangea panniculata fleurit sur le bois de l’année, hydrangea macrophylla sur celui de l’année précédente. Lorsqu’une plante fleurit après une période de dormance, elle est censée fleurir sur le bois de l’année précédente, ainsi les camélias. Il est primordial de savoir cela pour choisir la période de taille avant ou après floraison, mais surtout, savoir comment tailler.

 

Principes de taille.

Les rameaux d’une plante qui fleurit sur les pousses de l’année peuvent tous être réduits sans risques de supprimer la floraison. Ceux qui fleurissent su le bois de l’année précédente ne doivent pas être raccourcis. Seule une sélection peut être effectuée. Sur les plantes basitones, on coupe les pousses les plus anciennes, deux ans ou plus selon les arbustes, pour susciter l’apparition de nouvelles tiges. Si ces plantes fleurissent sur le bois de l’année, on peut aussi réduire la longueur des bois gardés. Les basitones se régénérant par la base, couper en bas, jamais en boule ! Couper au plus ras de la souche pour former une sorte de ‘’tête de chat’’ sur la base près des racines et concentrer là une énergie de redémarrage qui favorise l’apparition de nouvelles pousses.

Sur les arbustes acrotones, il faut former la charpente. Pour structurer une charpente pérenne, on sélectionne les axes choisis comme prolongements, un axe étant une ligne de construction. Si on veut réduire les axes, on taille les prolongements.

On peut aussi redensifier les axes situés en périphérie sur l’ensemble de la plante ou en supprimer. Il convient aussi de pratiquer des coupes d’éclaircissage. D’autre part, on taillera toujours aux mêmes points sur la charpente, ce qui amène la formation de ‘’têtes de chat’’ au niveau desquelles se font les coupes. La suppression d’un axe codominant s’appelle le ‘’défourchage’’, il est utile pour éviter l’éclatement de la branche.

Pour les médiatones, on applique les mêmes principes que pour les basitones en adaptant en fonction des branches intermédiaires que l’on veut conserver.

 

Quoiqu’il en soit, si correcte que soit la taille, un arbuste aura d’autant plus de fleurs qu’on n’y aura pas touché, il faut donc savoir exactement ce que l’on veut obtenir et se souvenir surtout qu’une bonne taille est une taille qui ne se voit pas !

Le mois prochain on envisagera comment tailler les arbustes les plus fréquents dans nos jardins en fonction de leurs caractéristiques.

 

PS : Cet article s’inspire des propos de monsieur Pascal Prieur, président de l’association des Arbusticulteurs lors d’une conférence puis d’une démonstration organisées les 2 et 3 décembre dernier à Cherbourg par Art et Jardins du Cotentin.

 

                                                                                   F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

 

Légende de la photo : les azalées, acrotones comme leurs cousins les rhododendrons, n’ont pas besoin d’être taillées. Seule une taille d’éclaircissage pour contenir leur volume peut se justifier. Surtout, ne pas tailler en boule !

On m’a dit que pour tailler de nombreux arbustes il fallait couper tout au ras de la souche. Est-ce vrai ?

 

 

 

 

Oui… et non !

 

Les arbustes qui ont une bonne aptitude à repercer de la souche, qui ont un très petit développement et qui fleurissent sur le bois de l’année peuvent dans la plupart des cas être entièrement recépés bien qu’il soit souvent conseillé de garder les pousses de l’année précédente. C’est le cas des ceratostigma, fuchsias, phygelius, leycesteria, rosa rugosa, solanum rantonettii, artemisia, salvia, kerria… qui sont assez proches des plantes vivaces. Les arbustes basitones ont tous une aptitude à repercer de la souche. Ils peuvent donc être entièrement recépés mais seulement quand il est nécessaire de les rénover. De nouvelles pousses apparaissent et reconstituent l’arbuste. Attention toutefois, ce caractère peut se perdre s’il n’est pas entretenu régulièrement et la plante ne redémarrera pas du tout. C’est le cas des caryopteris ou des hypericum inodorum s’ils ne sont pas rabattus tous les ans.

 

Par contre, pour les arbustes ‘’acrotones’’, (qui poussent à partir de leur sommet), ils peuvent éventuellement repartir de leur base si on les coupe à ras mais ce n’est pas une attitude raisonnable, sauf raison majeure. L’abstention ou une taille d’éclaircissage au sécateur leur convient mieux. Le recépage n’est qu’une solution extrême… à condition que la plante ait également une aptitude à repercer de la souche.