Le froid, allié ou ennemi du jardinier ?

Les deux mon général ! Le froid, et surtout le froid humide peut entraîner des catastrophes au jardin, les plantes pouvant geler ou leurs racines pourrir. Le froid à aussi un rôle bénéfique car il permet aux plantes un repos physiologique et les empêche de repartir trop tôt en végétation.

Certains bulbes ont besoin de froid pour former ou activer leurs ébauches florales et certaines graines ne germeront pas si elles n’ont pas été refroidies. Ne dit-on pas aussi qu’une période de gelée et de neige « purge » la terre !

 

Les plantes sauvages se débrouillent toutes seules.

 

Il y a des plantes de plaine et de montagne, des plantes de climat tempéré et de climat froid, chacune réagira à sa façon mais il est évident que la vivace de montagne qui a chaud et sec l’été doit faire preuve d’imagination l’hiver.

 

Une technique consiste à pousser au ras du sol où les températures sont moins froides et à se laisser recouvrir par la neige qui fera un manteau isolant. La forme sphérique limite la surface et le regroupement en touffes réalise un micro climat, tout comme les poils des feuilles et des tiges. Si la plante concentre dans sa            sève des sucres et des acides aminés, cela abaisse le point de congélation, (c’est pour la même raison qu’un géranium oublié dehors une nuit de froid gèlera moins facilement s’il est légèrement déshydraté).

 

Le froid indispensable à la floraison.

 

De nombreuses espèces ne fleuriront que si elles ont été exposées à des températures froides pendant un temps plus ou moins long. C’est le cas des plantes bisannuelles comme les giroflées, pensées … ou des légumes comme les carottes, betteraves, navets … semées au printemps, elles fleuriront au printemps suivant. L’automne a été sec, propice aux travaux agricoles, nous pouvons constater cette année que de grandes surfaces ont été emblavées. Le blé n’a pas un besoin indispensable de froid pour fleurir mais les blés d’hiver qui passent la saison déguisés en brins d’herbe fleuriront plus tôt que les blés de printemps et auront un meilleur rendement.

 

Les tulipes et autres bulbeuses comportent un bourgeon central dormant, ébauche de feuilles et de fleurs. Planté à l’automne, le bulbe émet des racines qui apportent eau et sels minéraux et le froid lève la dormance du bourgeon qui se développera quand la température repartira à la hausse. La levée de dormance par le froid concerne aussi de nombreuses graines. Le forçage des bulbes consiste à utiliser ce mécanisme à contre saison pour les obliger à fleurir plus tôt.

 

Peut-on acclimater les plantes ?

 

Comme beaucoup, j’ai dans mon jardin des plantes exotiques. Est-ce qu’elles sont adaptées au climat de Cherbourg ?

Après une série d’hivers rigoureux à la fin du XIXème siècle, un membre de la Société d’Horticulture de Cherbourg faisait un constat désabusé : « le mot  “acclimatation ” ne devrait pas faire partie du dictionnaire horticole. Nous n’acclimatons rien du tout. Notre société a introduit depuis 50 ans des quantités considérables de plantes exotiques (…) qui disparaissent, quelque soit leur âge, aussitôt qu’elles rencontrent une température susceptible de désorganiser leurs tissus. »

Cela reste vrai mais, si on ne peut acclimater une plante, on peut, par sélection et croissements créer des variétés qui accepteront de pousser sous nos climats sans précautions particulières, c’est le cas du Lagerstroemia par exemple.

 

 

Comment nos plantes tolèrent-elles le froid ?

 

Le froid intense, inférieur à zéro degrés tue les plantes gélives par la formation de cristaux de glace à l’intérieur des cellules qui éclatent. Pour ces plantes, aucune possibilité de survie si on ne les rentre pas ou si on ne les protège pas par paillages ou voiles d’hivernages qui empêchent la température de devenir négative. Mais il y a des plantes qui meurent de froid avec des températures positives entre 2 et 10 degrés. On l’a constaté l’hiver dernier : des plantes qui étaient encore vivantes après la neige ont végété quelques semaines avant de disparaître en mars alors que les températures étaient restées basses mais pas négatives. La rapidité d’installation du froid joue aussi. Il y a un endurcissement au froid pendant la période automnale et des plantes qui ont passé vaillamment l’hiver n’accepteront pas une gelée blanche de printemps soudaine. Autre curiosité, les plantes alpines, habituées aux froids rigoureux des montagnes ne passeront pas l’hiver dehors chez nous : elles n’ont pas la neige pour les protéger et elles ne survivront pas à l’humidité.

 

Que dire pour conclure ? La nature fait bien les choses et nous rappelle que notre savoir et nos techniques ont des limites : « Un oranger, sous le ciel Irlandais, on ne le verra jamais … »

Chantait Bourvil !

 

N.B : pour en savoir plus reportez vous au numéro 614 de « jardins de France », revue de la Société d’Horticulture Française, qui a inspiré l’essentiel de cet article.

 

F.F pour Art et Jardins du Cotentin.

LE COGNASSIER DU JAPON

Le cognassier du japon : un des premiers arbustes à fleurir.

 

Alors que l’hiver n’est pas encore fini, le cognassier du Japon (et non pommier du Japon, comme il est appelé souvent à tort) illumine le jardin de ses fleurs colorées, d’autant plus précieuses que la plupart des autres végétaux sont encore en sommeil. Il s’accommode de tous les jardins et se cultive éventuellement en bac sur un balcon. Si vous êtes gourmet, vous pourrez à l’automne, récolter ses fruits pour en faire des gelées.

 

 

 

Une floraison précoce

 

La floraison hivernale du cognassier du Japon est parmi les plus belles Une floraison spectaculaire : de nombreuses corolles regroupées en bouquets apparaissent sur le bois nu des rameaux, juste avant le venue des feuilles. Les pétales arrondis, satinés et brillants sont centrés par un cœur jaune d’or. Les espèces naturelles sont rouge vif mais il existe de nombreuses variétés, du blanc pur au rouge foncé en passant par les diverses teintes de rose. Précoce, cette floraison est aussi prolongée, parfois jusqu’en mai. Elle est alors moins spectaculaire car les feuilles, vert foncé et luisantes, se sont alors développées.

 

 

Une plante exotique qui s’est parfaitement adaptée à la Normandie.

 

Comme son nom l’indique, cet arbuste nous vient de l’Empire du Soleil Levant. Il arriva chez nous au 18 eme siècle et il s’est rapidement installé partout. A partir des deux espèces existantes, Chaenomeles japonica et Chanoemeles speciosa, les pépiniéristes ont obtenu diverses variétés.

Les variétés à port étalé ne dépassent pas 1,5m mais couvrent 2 à 3m au sol. On les installera en isolé sur une pelouse ou une rocaille. Dans cette première catégorie, on retiendra, « Crimson and Gold », rouge foncé avec un bouquet d’étamines jaune d’or, « Elly Mossel », rouge, « Etna », semi double rose-orangé ou « Nicoline », rouge écarlate à cœur jaune.

Les variétés à port érigé peuvent atteindrent 3m de haut. Ce sont des arbustes vigoureux que l’on peut traiter en isolé ou en haies défensives si on veut tirer parti des épines acérées que toutes les variétés possèdent et de ses longs rameaux entrelacés. On pourra alors l’associer aux houx ou aux divers berbéris, (épine vinette). Si on préfère d’autres arbustes à fleurs .comme le forsythia, l’effet sera spectaculaire. Autre solution, le palissage le long d’un mur ou d’une façade. « Falconnet Charlet », saumon, « Nivalis » blanc pur, « Umbilicata » rose sont quelques unes des variétés proposées.

 

 

Pour faire des bouquets aussi.

 

Très décorative dans un jardin, la floraison d’un cognassier du Japon peut aussi agrémenter la maison : quelques rameaux suffisent. Souvent tortueux, ils se placeront d’eux même dans un vase assez large et seront du plus heureux effet. Par contre, même s’il s’agit d’une variété écarlate, les boutons qui s’ouvriront ultérieurement seront d’un rose de plus en plus pâle, faute d’une luminosité suffisante.

 

 


Les fruits sont comestibles.

 

Le cognassier du Japon doit son nom à sa ressemblance au cognassier à fruits. Il est de plus petite taille et ses fruits sont moins gros. On ne les consomme que cuits mais ils sont très parfumés et donnent d’exquises gelées que l’on peut combiner à des gelées de pommes ou de poires.

 

Quels soins apporter ?

 

Le Cognassier du Japon se satisfait de tous les types de sol, mêmes calcaires. Attention quand même à la chlorose dans ce cas. Il arrive aussi à se développer dans des terres pauvres mais la floraison en pâtira. De même si on le plante en mi-ombre. Il poussera mais se plait mieux au soleil. Il est rustique et résiste à -25°. Il n’y a pas besoin de le tailler, sinon pour réguler sa forme et éliminer les rameaux superflus. S’il est palissé, on coupe à 2 ou 3 yeux les pousses de l’année précédente en mai. Il résiste aux pollutions et aux maladies, C’est seulement si on voit apparaître des taches noires sur les feuilles et les fruits. (Tavelure) qu’il faudra, traiter à la bouillie bordelaise à l’automne et au printemps. On peut le multiplier par boutures en fin d’été ou par semis à l’automne tout en sachant que le semis ne donnera pas la plante mère s’il s’agit d’un cultivar. 

 

 

F.F pour Art et jardins du Cotentin.

 

La taille raisonnée des arbustes. (1).

 

 

Il s’agit de faire une taille respectueuse du végétal. La taille n’est pas une nécessité biologique. Plus une plante est proche de ses origines botaniques, moins elle a besoin d’être taillée. C’est différent pour les espèces horticoles élaborées par l’homme, certaines sont quasi incapables de perdurer sans taille mais cela ne concerne que très peu de végétaux. On peut faire un parallèle avec les animaux : alors que les animaux sauvages n’ont pas besoin de l’homme, certains animaux domestiqués comme les poules ne peuvent survivre sans lui, par contre, les chats, les chevaux et les chèvres peuvent très bien se débrouiller seuls.

 

Principes fondamentaux de la taille :

Plus la taille est importante et radicale, plus les réactions seront violentes et désorganisées. Il faut apprendre à ‘’lire’’ le végétal.

Une trop grande vigueur s’oppose bien souvent à la floraison, donc, plus une plante sera vigoureuse, moins il faudra la tailler pour qu’elle fleurisse correctement. Dans la plupart des cas, plus un rameau est proche de la verticale, plus il est potentiellement vigoureux.

 

Rôle des hormones végétales.

L’auxine secrétée par les bourgeons terminaux empêche le débourrement des bourgeons axillaires. La deuxième année, elle favorise le développement horizontal de ces rameaux axillaires et favorise la floraison. Elle stimule aussi le développement des racines.

Les cytokines favorisent le développement des bourgeons axillaires et le développement vertical des rameaux dont elles provoquent une vigueur qui inhibe ou retarde la floraison.

Il y a un équilibre qui s’installe entre les deux hormones.

Si on supprime un bourgeon terminal, on supprime la dominance apicale et on favorise le réveil des bourgeons latéraux.

 

Mode de ramification des arbustes et conséquences.

Acrotonie. Cela concerne les plantes dont les axes ont un comportement acrotone, du grec ‘’acro’’ : sommet. Une plante acrotone pousse à partir de son sommet et du sommet de ses axes. Elle n’a pas besoin de taille pour elle-même car elle fleurit sur les jeunes pousses. Tous les arbres fonctionnent de manière acrotone et n’ont donc pas besoin de taille.

Basitonie. La plante émet de nouvelles pousses vigoureuses à partir de la souche ou de la base des rameaux : basitonie de souche ou de rameaux. Certaines produisent des stolons ou des drageons : basitonie sous terraine. Ces plantes ne grandissent pas, elles n’ont pas besoin de taille mais il faut les renouveler en supprimant les bois anciens, car ce caractère basitone peut se perdre s’il n’est pas stimulé régulièrement. ‘’Physocarpus Opulifolius’’, par exemple, perdra définitivement sa basitonie s’il n’est pas éclairci sur la souche régulièrement.  C’est ce que les Arbusticulteurs appellent une ‘’basitonie d’éducation’’ : en éliminant le vieux bois, on apprend à la plante à faire de nouvelles pousses à partir de sa base, c’est d’autant plus facile qu’elle est plus jeune. Une fois leur système racinaire bien implanté, les plantes strictement basitones grandissent dans l’année de leur hauteur définitive. Le weigélia est une plante basitone, si on coupe le haut, il fera du bois mais pas de fleurs. Par contre, si on élimine des tiges, il en pousse d’autres.

Rameaux médians : Arcures et mésotonie. La plante développe des rameaux arqués ou droits qui partent du milieu des pousses de l’année précédente ou de bois plus anciens dans le but de régénérer la plante. Le forsythia est une plante basitone à rameaux médians mais qui ne grandissent pas. Par contre, le sureau a une basitonie et des rameaux médians qui le font grandir. Cette capacité d’une plante à grandir à partir de ses rameaux médians s’appelle la ‘’médiatonie’’.

Mais la nature ne se laisse pas enfermer dans nos classifications, de nombreuses plantes font preuve d’indépendance, ainsi, le berbéris est médiatone, basitone et acrotone !...

 

Floraison.

Elle peut survenir sur les pousses de l’année, c’est le cas des rosiers dont certains sont remontants, fleurissant en été ou tout au long de l’année sur le bois qui vient de pousser.

Quand la floraison concerne le bois de l’année précédente, les bourgeons se forment mais restent en dormance. On peut avoir des bourgeons uniquement floraux ou mixtes à fleurs et feuilles. En principe, une floraison hivernale ou du début de printemps se fait sur le bois de l’année précédente, une floraison d’été intervient sur le bois de l’année. Si la floraison survient en fin de printemps ou début d’été, c’est moins simple à classifier. Ainsi, hydrangea panniculata fleurit sur le bois de l’année, hydrangea macrophylla sur celui de l’année précédente. Lorsqu’une plante fleurit après une période de dormance, elle est censée fleurir sur le bois de l’année précédente, ainsi les camélias. Il est primordial de savoir cela pour choisir la période de taille avant ou après floraison, mais surtout, savoir comment tailler.

 

Principes de taille.

Les rameaux d’une plante qui fleurit sur les pousses de l’année peuvent tous être réduits sans risques de supprimer la floraison. Ceux qui fleurissent su le bois de l’année précédente ne doivent pas être raccourcis. Seule une sélection peut être effectuée. Sur les plantes basitones, on coupe les pousses les plus anciennes, deux ans ou plus selon les arbustes, pour susciter l’apparition de nouvelles tiges. Si ces plantes fleurissent sur le bois de l’année, on peut aussi réduire la longueur des bois gardés. Les basitones se régénérant par la base, couper en bas, jamais en boule ! Couper au plus ras de la souche pour former une sorte de ‘’tête de chat’’ sur la base près des racines et concentrer là une énergie de redémarrage qui favorise l’apparition de nouvelles pousses.

Sur les arbustes acrotones, il faut former la charpente. Pour structurer une charpente pérenne, on sélectionne les axes choisis comme prolongements, un axe étant une ligne de construction. Si on veut réduire les axes, on taille les prolongements.

On peut aussi redensifier les axes situés en périphérie sur l’ensemble de la plante ou en supprimer. Il convient aussi de pratiquer des coupes d’éclaircissage. D’autre part, on taillera toujours aux mêmes points sur la charpente, ce qui amène la formation de ‘’têtes de chat’’ au niveau desquelles se font les coupes. La suppression d’un axe codominant s’appelle le ‘’défourchage’’, il est utile pour éviter l’éclatement de la branche.

Pour les médiatones, on applique les mêmes principes que pour les basitones en adaptant en fonction des branches intermédiaires que l’on veut conserver.

 

Quoiqu’il en soit, si correcte que soit la taille, un arbuste aura d’autant plus de fleurs qu’on n’y aura pas touché, il faut donc savoir exactement ce que l’on veut obtenir et se souvenir surtout qu’une bonne taille est une taille qui ne se voit pas !

Le mois prochain on envisagera comment tailler les arbustes les plus fréquents dans nos jardins en fonction de leurs caractéristiques.

 

PS : Cet article s’inspire des propos de monsieur Pascal Prieur, président de l’association des Arbusticulteurs lors d’une conférence puis d’une démonstration organisées les 2 et 3 décembre dernier à Cherbourg par Art et Jardins du Cotentin.

 

                                                                                   F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

 

Légende de la photo : les azalées, acrotones comme leurs cousins les rhododendrons, n’ont pas besoin d’être taillées. Seule une taille d’éclaircissage pour contenir leur volume peut se justifier. Surtout, ne pas tailler en boule !

La taille raisonnée des arbustes. (2).

 

 Le mois dernier, (voir l’article jardinage du 8 janvier), les principes généraux de la taille des arbustes ont été évoqués en fonction de leurs caractéristiques selon qu’ils sont ‘’acrotones’’, (Poussant à partir de leur sommet ou du sommet de leurs axes), basitones, (émettant de nouvelles pousses à partir de la souche), ou médiatones, (développant des rameaux verticaux vigoureux partant du milieu des pousses de l’année précédente).

 

Aujourd’hui, on va passer en revue quelques uns des arbustes les plus courants de nos jardins pour plus de précisions sur ce qu’il est souhaitable de faire pour concilier esthétique et floraison.

 

 

 

Abélia : basitone, mésotone acrotone. Elimination des vieux bois au ras de la souche et conservation des jeunes d’un et deux ans. Intervention à faire en fin d’hiver.

 

Abutilons : dominante acrotone. Ils fleurissent sur les pousses de l’année et gardent leur esthétique en l’absence de taille. On n’interviendra donc que pour des tailles d’éclaircissage et limiter leur extension.

 

Petits acers : exclusivement acrotones. On se contentera d’un éclaircissage des branches pour mettre en valeur la structure. Intervention avant la reprise de végétation.

 

Amélanchier : moyennement basitone, fortement acrotone. On sélectionnera les bois jeunes. Possibilité de limiter ou de réduire le volume au sécateur et d’éclaircir les branches pour mise en valeur. Intervenir avant la reprise de végétation.

 

Aucuba : dominante acrotone. Sélectionner les bois jeunes et limiter l’extension en fin d’hiver.

 

Azalées et rhododendrons : exclusivement acrotones. Ne pas tailler sauf impératifs de limitation de volume et d’éclaircissage. A faire au sécateur.

 

Azara : exclusivement acrotones. Eclaircir les branches si on  a besoin de mettre en valeur la structure.

 

Berbéris caducs et persistants : essentiellement acrotones. Sélectionner les bois jeunes et contrôler le volume au sécateur en hiver car il augmente du fait de rameaux mésotones.

 

Buddleia davidii : basitone et médiatone. On peut procéder à un recépage en fin d’hiver ou sélectionner une charpente semi-pérenne.

 

Callistemon : fortement acrotone. Se contenter d’un éclaircissage au sécateur.

 

Callunas et éricas : fortement acrotones. Réduction de volume prudente à la cisaille.

 

Camélias : exclusivement acrotones. Réduction de volume ou éclaircissage au sécateur après la floraison.

 

Céanothes persistants : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Choisya : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Cistes : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Cornus stonolifera : basitones. Couper au ras de la souche pour favoriser verticalité et vigueur. Les autres cornus étant à dominante acrotone bénéficieront seulement de coupes de réduction ou d’éclaircissage.

 

Cotonéasters : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Cytises : acrotones. Ces plantes qui ont beaucoup de mal à engendrer des repercements sur vieux bois devront impérativement  et régulièrement subir une réduction de volume sur du bois encore porteur de feuilles. ‘’Spartium junceum’’, (‘’genêt d’Espagne’’), est le seul à fleurir sur le bois de l’année et à effectuer des repousses sur vieux bois. On peut donc le réduire, faire une taille sur charpente ou le recéper totalement sur souche juste avant le débourrement.

 

Deutzia : essentiellement basitone, (les plus grands ont également de la médiatonie). Sélectionner les jeunes bois d’un an, à la rigueur de deux ans, sur souche et charpente temporaire.

 

Euonymus, (fusains) : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Forsythia : basitone et rameaux médians. Sélectionner les jeunes bois sur souche après la floraison. Les rameaux de deux ans sont les plus florifères.

 

Fuchsias : basitones, mésotones et acrotones. Comme les phygelius qui en sont proches ils peuvent être rabattus sur souche à la fin de l’hiver. Ce n’est pas impératif pour fuchsia magellenica dont on peut attendre que la vigueur chute pour intervenir.

 

Grévillea : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Hébés, (véroniques) : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur ou à la cisaille.

 

Kalmia : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Kerria, corète du Japon) : basitone. Sélectionner les jeunes bois sur souche, ne garder éventuellement que ceux d’un an.

 

Kolkwitzia : basitone et très mésotone. Sélectionner les bois jeunes sur souche et sur charpente temporaire après floraison.

 

Lavande : exclusivement acrotone. Faire une taille à la cisaille en fin de floraison en raccourcissant des deux tiers. Attention, un rameau dépourvu de toute végétation ne se regarnira probablement pas

 

Leptospermum : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Leycestéria formosa, (arbre à faisans) : basitone. Recépage total annuel ou sélection des bois d’un an sur souche ou charpente temporaire.

 

Mahonias : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Paeonia suffruticosa, (pivoine arbustive) : basitone et acrotone. Eclaircissage des branches, (rarement utile).

 

Perovskia : basitone. Recépage total annuel ou sélection des bois d’un an sur souche pour contrôler sa vigueur.

 

Phlomis : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur après floraison pour le rendre plus compact.

 

Photinia : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Rhamnus : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Raphiolepis : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Skimmia : acrotone. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Spirée de printemps : basitone et rameaux médians. Sélection sur souche des jeunes bois.

 

Spirée d’été : basitone et rameaux médians. Sélection des jeunes bois sur souche.

 

Syringas, (lilas) : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Viburnums caducs : acrotones. Sélection sur souche des jeunes bois.

 

Viburnums persistants : acrotones. Réduction ou éclaircissage au sécateur.

 

Weigélia : basitones et rameaux médians. Sélection sur souche des jeunes bois. La suppression sur la souche d’un tiers des rameaux plus anciens par an permet d’assurer un renouvellement constant.

 

Ce survol de quelques végétaux est évidemment schématique et incomplet. Rappelez-vous que l’on taille en principe après la floraison ce qui fleurit sur le bois d’un an et en fin d’hiver ce qui fleurit sur le bois de l’année. Cependant, les éclaircies sur souche peuvent tout à fait se faire en fin d’hiver sur toutes les plantes, y compris et surtout sur les basitones, à partir du moment où seulement quelques vieux rameaux sont supprimés et où ceux qui sont conservés ne sont pas réduits. On rabat sur souche ou on sélectionne les bois jeunes sur les basitones et les basitones à rameaux médians, on éclaircit les acrotones ou on n’y touche pas. Pour plus de détails vous pouvez vous reporter au livre de Pascal Prieur : ‘’ La taille raisonnée des arbustes d’ornement’’ aux éditions Ulmer.

 

F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

 

 

 

 

Légende de la photo :

 

Les abutilons, à dominante acrotone, fleurissent sur les pousses de l’année. On n’interviendra que pour des tailles d’éclaircissage visant à limiter leur extension. Cet abutilon mégapotamicum, planté au pied d’un arbre, se comporte comme une liane grimpante.

 

On m’a dit que pour tailler de nombreux arbustes il fallait couper tout au ras de la souche. Est-ce vrai ?

 

 

 

 

Oui… et non !

 

Les arbustes qui ont une bonne aptitude à repercer de la souche, qui ont un très petit développement et qui fleurissent sur le bois de l’année peuvent dans la plupart des cas être entièrement recépés bien qu’il soit souvent conseillé de garder les pousses de l’année précédente. C’est le cas des ceratostigma, fuchsias, phygelius, leycesteria, rosa rugosa, solanum rantonettii, artemisia, salvia, kerria… qui sont assez proches des plantes vivaces. Les arbustes basitones ont tous une aptitude à repercer de la souche. Ils peuvent donc être entièrement recépés mais seulement quand il est nécessaire de les rénover. De nouvelles pousses apparaissent et reconstituent l’arbuste. Attention toutefois, ce caractère peut se perdre s’il n’est pas entretenu régulièrement et la plante ne redémarrera pas du tout. C’est le cas des caryopteris ou des hypericum inodorum s’ils ne sont pas rabattus tous les ans.

 

Par contre, pour les arbustes ‘’acrotones’’, (qui poussent à partir de leur sommet), ils peuvent éventuellement repartir de leur base si on les coupe à ras mais ce n’est pas une attitude raisonnable, sauf raison majeure. L’abstention ou une taille d’éclaircissage au sécateur leur convient mieux. Le recépage n’est qu’une solution extrême… à condition que la plante ait également une aptitude à repercer de la souche.

 

Les bourdons soigneurs vaccinent les fraisiers

Sus à la pourriture grise sur les fraises et les framboises ! Les insectes pollinisateurs sortent de leur ruche badigeonnés d’un pesticide naturel. Une trouvaille récompensée au Salon des productions végétales, à Angers.

Le bourdon, le bon champignon, la pourriture grise et le fraisier. Ce sont les quatre principaux acteurs du western végétal et animalier qui se joue dans les serres et qui trouve son épilogue dans nos assiettes.

La pourriture grise, c’est un champignon microscopique parasite des fraises et des framboises. Invisible sur les cultures, ce champignon se développe le plus souvent après la récolte, dans les barquettes de fruits rouges. C’est à cause de lui si le consommateur doit jeter à la poubelle ses fraises ou framboises, soudainement envahies par une moisissure galopante.

Ce champignon tueur de qualité frappe lors de la floraison. « La chute des pétales crée des microblessures qui lui servent de porte d’entrée », raconte Yann Jacques, le responsable produit de l’entreprise Biobest qui observe tout ce petit monde à la loupe.

Le bon champignon est sélectionné par la firme franco-canadienne Lallemand, spécialiste de la protection des cultures. C’est un ennemi naturel de la pourriture grise. Il tapisse la fleur de fraisier ou de framboisier, en toute innocuité. Dès que la pourriture grise pointe son nez, il le cannibalise, sans pitié. Pour faciliter son travail, Lallemand a concentré ses spores dans un biofongicide en poudre, baptisé Prestop 4B et homologué par l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses).

Un ennemi naturel

Le bon champignon est sélectionné par la firme franco-canadienne Lallemand, spécialiste de la protection des cultures. C’est un ennemi naturel de la pourriture grise. Il tapisse la fleur de fraisier ou de framboisier, en toute innocuité. Dès que la pourriture grise pointe son nez, il le cannibalise, sans pitié. Pour faciliter son travail, Lallemand a concentré ses spores dans un biofongicide en poudre, baptisé Prestop 4 B et homologué par l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses).

Et notre bourdon ? Il est élevé par l’entreprise belge Biobest, la première au monde à s’être lancée, dans les années 80, dans l’élevage massif d’insectes pollinisateurs. Et dans la production de mini-ruches ruches portables sous forme de boîtes plastiques cartonnées renfermant une reine et des ouvrières.

« En Belgique, nous produisons chaque année 500 000 colonies. Nous avons aussi des sites de production en Turquie, Chine, Argentine, Canada, Californie… », poursuit Yann Jacques. Diplômé d’un master en production et technologie du végétal, le jeune homme a conçu une ruche permettant au bourdon, non seulement de polliniser les plantes, mais aussi, et c’est nouveau, de jouer le rôle de médecin volant.

Piste de décollage spéciale

Comment ça marche ? La ruche Biobest « flying doctor » est équipée d’un « distributeur » ou « pédiluve ». Les bourdons passent par une piste de décollage recouverte de la poudre biofongicide Prestop 4B, concentrée en spores de bon champignon. « Badigeonnées de produit sur les pattes, le thorax et l’abdomen, les ouvrières de la ruche butinent les fleurs de fraisiers et de framboisiers à la recherche du nectar et du pollen pour nourrir la colonie, relate Yann Jacques. Ce faisant, elles vaccinent les fleurs contre les attaques de pourriture grise. »

Le bourdon soigneur permet aux maraîchers et à leurs salariés de ne pas pulvériser de pesticides chimiques de synthèse. Le western du bourdon soigneur, du bon champignon et de la pourriture grise se termine en happy end dans nos assiettes : des fraises et des framboises qui ne pourrissent plus, sans résidu de pesticide chimique !

Source Ouest-France

Comment faire refleurir les plantes d’intérieur,

 

 

 

 

Théoriquement, toutes les plantes fleurissent. L’intérêt de leur floraison est variable, certaines plantes vertes n’étant considérées que pour leur feuillage. Parmi celles que l’on sélectionne pour leurs fleurs, rares sont celles qui fleurissent toute l’année. Il faut donc accepter les périodes de repos pendant lesquelles elles reconstituent leurs réserves. Il est donc important de connaître le végétal, son cycle naturel, ce qui le fait fleurir, et ses besoins en chaleur, arrosage, lumière et fertilisation. Pour prolonger cette floraison, il est conseillé, si on le peut, d’abaisser la température ambiante, ce qui retarde la fanaison et de supprimer les fleurs qui montent à graines car cela fatigue la plante. De plus, comme elle est programmée pour se reproduire, elle aura tendance à faire de nouvelles fleurs.

 

 

 

Les orchidées.

 

Deux variétés ont la réputation de refleurir facilement, les phalaenopsis et les cymbidiums.

 

Certains phalaenopsis fleurissent toute l’année. Il faut leur offrir des conditions stables, une bonne luminosité sans soleil direct, faire tremper les racines une demi-heure chaque semaine, avec de l’engrais liquide toutes les trois semaines.

 

Les cymbidiums fleurissent au printemps sur quelques mois. Pour cela, il faut les laisser passer l’été dehors et ne les rentrer à l’automne que lorsqu’ils auront eu froid. Il faut alors les traiter comme toute plante d’intérieur avec des apports réguliers d’engrais liquide.

 

 

 

Les bégonias vivaces.

 

De nombreux bégonias d’intérieur, comme les bégonias bambusiformes, les bégonias ‘’Rex’’ ou les bégonias caulescents ont très bon caractère et certains fleurissent tout au long de l’année pourvu qu’on les arrose régulièrement, (sans trop pour éviter les pourritures), et qu’on leur assure une température entre 15 et 20°.

 

 

 

Les streptocarpus.

 

Ils fleuriront sans discontinuer du printemps à l’automne s’ils bénéficient d’une forte luminosité et d’apports réguliers d’engrais et d’eau. En hiver, réduire la température à 10-15° et diminuer les arrosages. Au printemps, on peut facilement les multiplier en divisant les souches.

 

 

 

Les saintpaulias.

 

Discret, (ne l’appelle-t-on pas aussi Violette du Cap ?), le saintpaulia peut vivre des années si vous prenez soin de le dépoussiérer, d’enlever les fleurs fanées, de lui apporter deux fois par mois de l’engrais liquide et de l’arroser régulièrement en ne laissant jamais ses racines se détremper dans l’eau de la soucoupe.

 

En fin d’hiver, il est conseillé de le laisser se reposer au frais, (10-15°), et de l’arroser parcimonieusement pendant quelques semaines. On reprendra fertilisation et arrosages lors de l’apparition de nouvelles feuilles.

 

 

 

Spathyphyllums et anthuriums.

 

Ce sont aussi des plantes faciles aux feuilles décoratives qui se contentent d’arrosages réguliers avec engrais deux fois par mois. Une seule exigence : une grande luminosité.

 

 

 

Les euphorbes.

 

Les plus souvent proposées sont les poinsettia-étoiles de Noël. Ce sont les feuilles qui se colorent à l’approche de l’hiver, une discrète floraison apparaissant au centre. Elle demande une température d’au moins 15° l’hiver et, à partir de février, on la cultive comme une plante d’intérieur en lui apportant de l’engrais tous les 15 jours. En octobre novembre, une fraicheur relative à 15° est conseillée… mais le résultat est inconstant…

 

‘’Euphorbia milii’’, épine du Christ, est aussi une euphorbe mais qui a des habitudes de plante grasse. Il faut la maintenir presque au sec en hiver à une douzaine de degrés. Un engrais retard lui convient mieux que des arrosages réguliers à l’engrais liquide. Elle a bien meilleur caractère que la poinsettia mais attention, ses épines sont brutales !

 

 

 

Les amaryllis.

 

Qui n’a pas essayé de faire refleurir un bulbe d’amaryllis… et n’a pas été déçu ? La recette est pourtant simple : couper la hampe florale après fanaison. Lorsque les feuilles sont formées, arroser chaque mois avec de l’engrais liquide et placer en plein soleil. Lorsque les feuilles sèchent, (théoriquement en mai-juin, mais elles ont une fâcheuse tendance à ne pas sécher !), ne plus arroser jusqu’à ce que les boutons floraux se forment. On peut aussi essayer de leur faire passer printemps et été en pleine terre mais attention, ce n’est pas une plante de pleine terre et il faudra rempoter à l’automne. On pourra espérer dans les meilleurs des cas une hampe florale à deux ou trois fleurs mais il est évident que nous n’avons pas les arguments de forçage des professionnels.

 

 

 

Beaucoup de fleurs sont donc à notre portée pour les faire refleurir régulièrement, une seule condition : être attentionné et s’en occuper régulièrement, comme les amis, il ne faut pas les oublier trop longtemps…

 

 

 

 

 

                                                                        F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

Comment multiplier les succulentes ?

 

 

 

 

On désigne sous le nom de plantes succulentes les plantes qui accumulent du suc pour résister à la sécheresse. Les cactées en font partie mais aussi de nombreuses plantes non agressives à feuilles épaisses. Les techniques de multiplication sont multiples : bouturage, marcottage, greffage, ou semis.

 

 

 

Le bouturage.

 

Cela consiste à prélever un morceau de la plante, tige, feuille, (aénium, crassules…), ramifications, (opuntia, cactus de Noël…), rejet, (mamillaria, gastéria), ou sommet que l’on coupe,  de le laisser sécher quelques jours et de le placer ensuite sur un terreau légèrement humide où il émettra des racines. Si on coupe le haut d’un cactus, on obtiendra une nouvelle plante avec lui, cependant que sa base produira des rameaux latéraux que l’on pourra prélever ultérieurement pour multiplication.

 

Le terreau de bouturage devra être poreux : un tiers de terreau de feuilles, un autre de terre de jardin et un troisième de sable de rivière non calcaire. Il faudra le maintenir humide sans excès sous peine de pourriture. C’est lorsque les plantes sont en période de végétation active que l’on a le plus de réussite, (fin de printemps, début d’été).

 

 

 

Le marcottage.

 

Il consiste à laisser les tiges des succulentes à multiplier au contact de la terre et à prélever les portions qui ont émis des racines pour les replanter individuellement. C’est une technique facile pour les succulentes qui s’étalent comme les sénécios, les echeverias, les kalanchoé, les orpins…

 

 

 

La greffe.

 

On prélève un morceau de tige et on l’applique sur un porte greffe. Dans la mesure où la sève peut circuler entre les deux, il y aura fusion. Cela permet de conserver des cactées fragiles en les installant sur des porte greffe vigoureux. La bonne période pour intervenir est celle de végétation active.

 

 

 

Le semis.

 

Cette technique est très intéressante dans la mesure où l’achat des plantes grasses est souvent onéreux alors que les graines sont très abordables. Il est aussi très agréable de suivre le développement de plantes que l’on a semées et de pouvoir les offrir à ses amis.

 

Le secret de la réussite dépend de la capacité que l’on a de doser chaleur, humidité et aération.

 

La chaleur : il faut une température de 18 à 30 degrés. On procédera donc en fin de printemps mais il faudra une pièce chaude. On peut se faire aider par une plaque chauffante placée sous le bac de semis.

 

L’humidité : nécessaire mais sans excès. Un bon drainage est indispensable. On peut créer une atmosphère de mini serre avec un film plastique mais il faut éviter le confinement.

 

L’aération : les champignons adorent l’humidité et la chaleur, sans une bonne aération ils vont se développer et provoquer une fonte des semis.

 

Pour le contenant, un bac de 30x40 cm profond de 5 cm fera l’affaire. On utilisera un mélange de terreau de feuilles, de sable non calcaire et de petits graviers ou de perlite, un tiers de chaque, et une eau non calcaire, eau de pluie par exemple. Les graines sont très fines, on les disposera en surface en tassant légèrement, la couche recouvrante ne doit pas dépasser l’épaisseur de la graine. On pourra terminer la mise en place par une brumisation. Il faut ensuite surveiller l’hydratation en ne laissant pas sécher sans pour autant mouiller trop.

 

En fonction des variétés, la levée se fera en 5 à 20 jours et l’aération sera primordiale à ce moment. Par la suite, on continuera de gérer l’apport d’eau avec la plus grande attention, surtout l’hiver suivant, et on commencera les repiquages en pots individuels au printemps suivant le semis.

 

Il est déconseillé de mélanger les graines et prudent d’effectuer de bons étiquetages.

 

 

 

Voici donc quelques techniques pour se constituer une collection de succulentes. Ce sont des plantes agréables parce que faciles d’entretien et peu fragiles pourvu qu’on ne les arrose pas trop. Leur floraison est somptueuse et leur culture nécessite peu de place, que ce soit en appartement, en terrasse ou dans sa cour.

 

 

 

 

 

                                                                       F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

Les fleurs et les peintres. Expression artistique et symbolique.

es plantes, et les fleurs en particulier, ont, depuis toujours, une place considérable dans l’imaginaire de l’homme. On retrouve leur importance dans les civilisations les plus anciennes et la mythologie leur accorde une place prépondérante, leur donnant pour origine la transformation de héros ou d’êtres aimés comme Narcisse, Adonis, Hyacinthe, Daphné… Ovide, dans ses ‘’Métamorphoses’’ regroupe ces légendes qui ont été pour les peintres de tous les temps une source inépuisable de sujets. Au fil du temps, les fleurs et les plantes ont été regardées de manières différentes mais, tout au long des siècles, elles ont gardé leur suprématie.

 

C’est que le monde végétal, création de la nature, est très particulier. Il est placé entre ciel et terre et il est en lien privilégié avec les quatre éléments : la terre pour la nourriture par les racines, le feu, (le soleil), pour la croissance, l’eau, (la sève), pour la vie, l’air, (le vent) pour disperser les graines. Ce monde végétal représente le cycle de la vie, de la naissance à la mort, voire à la résurrection et, s’il est associé à la vie par les remèdes qu’il peut fournir, il est aussi partenaire de la mort par les poisons qu’il contient.

 

 

 

Dans l’Antiquité.

 

Flora incarne la Nature, on la trouve dans les fresques romaines, représentée avec sa corne d’abondance et cueillant des fleurs.

 

En Egypte, le lotus était l’emblème de la Basse Egypte, le lys, celui de la Haute Egypte. On a retrouvé un bouquet de roses dans la tombe de Toutankhamon.

 

Brahma est né d’une fleur de lotus. Bouddha est représenté assis dessus, en ‘’lotus’’.

 

En Chine, la pivoine, (symbole de bonheur), correspond au printemps, le lotus, (pureté et perfection), à l’été, (dans le bouddhisme, il renvoie aux trois stades de l’existence, passé, présent et avenir), le chrysanthème, (vivacité et aisance), à l’automne et le prunier, (longue vie et constance), à l’hiver.

 

 

 

Avec la chrétienté, 

 

La symbolique des fleurs prend une nouvelle signification. On représente le jardin d’Eden, le jardin de la Vierge… Les enluminures des livres d’heures comportent des multitudes de fleurs. Dans les tableaux d’Annonciation, le lys blanc, symbole de pureté, est associé à Marie dont les couleurs sont le bleu et le blanc. La rose, symbole de l’amour, associée à la Passion, est aussi une de ses fleurs. Les grains du chapelet, (‘’Rosaire’’), étaient à l’origine des boutons de roses et les ‘’rosaces’’ des églises et cathédrales représentent le plus souvent la Vierge.

 

 

 

La Renaissance.

 

C’est l’apparition des jardins botaniques et la découverte des fleurs : auparavant, on ne connaissait que les jardins des cloîtres, à vocation médicinale. Les tableaux des maîtres hollandais comportent plus de cinquante végétaux différents. Dans les ‘’vanités’’, (ou ‘’natures mortes’’), les boutons symbolisent la jeunesse, les fleurs épanouies, la force de l’âge et les fleurs fanées, la mort. Des insectes divers sont souvent associés, chacun ayant sa signification, ainsi que de petits objets.

 

Ultérieurement, on fera des représentations de plantes les plus exactes possibles, véritables herbiers, les planches de Redouté, essentiellement des rosiers, sont les plus célèbres.

 

 

 

Les ‘’Impressionnistes’’.

 

Changement de style : la photo a été inventée, plus besoin de faire des représentations exactes. Les peintres vont traduire leurs ‘’impressions’’, leurs états d’âme. C’est, par exemple, ‘’la Dame aux chrysanthèmes’’ de Degas, ou ‘’le Bouquet de violettes’’, ‘’le Champ de coquelicots’’, ‘’le Jardin’’ de Monet où l’on trouve d’innombrables nuances de couleurs.

 

Le Fauvisme en diffère, Gauguin va peindre énormément de fleurs, en France ou en Océanie. A l’asile de saint Rémy, Van Gogh créera sept tableaux de ‘’Tournesols’’, très tourmentés, tout comme ses ‘’Iris’’. « La peinture est le paratonnerre de ma maladie » dira-t-il.

 

Le Douanier-Rousseau représente une flore plus ou moins imaginaire et exubérante.

 

A signaler aussi au 19ème siècle, l’apparition sur les murs des maisons des papiers peints, représentant le plus souvent plantes et fleurs.

 

L’art moderne avec Picasso, Dali, Matisse ou le ‘’street art’’ a aussi utilisé les fleurs comme symboles… on aime ou on n’aime pas !

 

 

 

Quelques mots enfin de la symbolique des fleurs et de leur utilisation comme emblèmes.

 

La fleur de lys, qui est en fait un iris, adoptée par Clovis, deviendra l’emblème de la royauté en France.

 

Les ‘’Nymphéas’’ de Monet, ce tableau, peint en 1915, fut offert à Clemenceau, le Père la Victoire, ami de Monet. Pour les chinois, ‘’de la sombre profondeur de l’étang, le lotus apporte beauté et lumière’’. Il symbolise donc la victoire à venir.

 

Lors de cette même guerre, le bleuet fut choisi par les Français comme symbole des jeunes recrues, arrivant sur le front avec le pantalon bleu qui avait remplacé le pantalon rouge-garance des anciens régiments. Les Anglais ont retenu le coquelicot, qui renaît et fleurit même sur les terrains dévastés par la guerre.

 

Dans les années 1960-70, le mouvement Hippie, ‘’Flower Power’’, met des fleurs partout, sur les vêtements, les voitures…

 

Les fleurs donnent leur nom à des révolutions : l’œillet au Portugal, la rose en Serbie, le jasmin en Tunisie…

 

Dans les maisons de couture, Channel choisira le camélia, Dior, le muguet et Kenzo, le coquelicot…

 

Et vous, quelle est votre fleur fétiche ?

 

 

 

 

Légende de la photo :

 

                        Le lys blanc, symbole de pureté, est une des fleurs les plus utilisées dans les bouquets dédiés à la Vierge. A remarquer que la vierge de la statue d’albâtre tient, elle aussi, un lys dans sa main.

 

 

 

 

                                                                       F. F. pour Art et Jardins du Cotentin

 

 

 

 

 

NB : Cet article est largement inspiré de la conférence que madame Béatrice Bérard a donnée à Cherbourg le 9/11/16 à la demande de Art et Jardins du Cotentin.

Eloignez les moustiques.

 

 

 

 

Comment profiter d’une belle soirée d’été sur sa terrasse ou son balcon sans être confronté à l’attaque de moustiques qui transforment en cauchemar la fin du repas… et la nuit suivante.

 

Outre les classiques bougies ou flambeaux à pétrole ainsi que les fumigènes répulsifs, il faut penser aux plantes aromatiques dont le parfum repousse les moustiques et que vous pourrez en outre utiliser comme plantes décoratives, culinaires, ou en tisane

 

 

 

Les  pélargoniums, (improprement, mais habituellement, appelés géraniums).

 

Tout le monde connaît ces plantes vivaces à feuillage persistant et à la floraison généreuse cultivées en pots, jardinières ou pleine terre mais qui ne sont pas rustiques, imposant une protection l’hiver. Leur odeur dérange les moustiques mais leur efficacité est inégale car ils sont plus ou moins odorants. C’est l’odeur des feuilles qui est en cause et non celle des fleurs.

 

Diverses variétés sont à retenir.

 

Les pélargoniums à feuilles aromatiques, ‘’P. Capitatum’’, par exemple, ont de petites fleurs en étoile. Le feuillage est odorant et parfois utilisé en parfumerie.

 

Le géranium rosat a des fleurs mauves et des feuilles bilobées à odeur intense. Il est cultivé pour faire de l’essence de géranium, (à la Réunion par exemple), mais pousse bien en pot.

 

P Crispum a un feuillage à odeur de citron et de petites feuilles vert pâle arrondies et à bord finement crispé comme du persil.

 

P ‘’Mabel Grey’’ a, lui aussi, une forte odeur de citron et des feuilles dentées très découpées.

 

P fragrans à une forte odeur de pin.

 

P. ‘’Lady Plymouth’’ a une odeur d’eucalyptus.

 

P. ‘’Prince of Orange’’ a de petites feuilles arrondies à odeur d’orange.

 

P tomentosum est un aromatique buissonnant à grandes feuilles veloutées gris-vert à forte odeur de menthe poivrée. Buissonnant, il est conseillé de pincer les extrémités des tiges pour limiter son développement.  Contrairement à la plupart des géraniums, Il n’aime pas le plein soleil.

 

‘’Mosquito Fighter’’ aux fleurs roses et rouges serait très efficace contre les moustiques, comme son nom l’indique.

 

 

 

La mélisse.

 

‘’Melissa officinalis’’, souvent appelée citronnelle, présente de petites feuilles dentelées à odeur caractéristique et qui peuvent servir à confectionner des tisanes aux vertus apaisantes et digestives. La mélisse pousse dans toutes les terres, aussi bien à l’ombre qu’au soleil et est même exubérante et envahissante.

 

La ‘’citronnelle’’ de Madagascar, ‘’Cymbopogon Citratus’’, n’a rien de commun avec notre mélisse si ce n’est son nom commun. C’est une graminée aromatique utilisée en cuisine asiatique. Ses longues feuilles de 60cm à 1m50 sont coupantes. Cette plante est gourmande d’eau et ne supporte pas les températures inférieures à 10° 

 

 

 

Le thym citron.

 

‘’Thymus x citriodorus’’ est un grand classique, facile à cultiver en pot ou en pleine terre puisqu’il est rustique jusqu’à -10°. Il persiste toute l’année et se comporte comme un tapissant avec ses petites feuilles arrondies un peu plus grandes que celles des autres thyms. On peut le disposer en vaste tapis en plantant des touffes espacées de 30cm. Il aime le plein soleil et une terre légère plutôt sèche. Au printemps, une floraison mauve-rose recouvre les plantes.

 

 

 

Et pourquoi pas un eucalyptus ?

 

‘’Eucalyptus Gunnii’’ est la variété conseillée à cause de ses feuilles odorantes gris-vert. Si vous le mettez en pleine terre, il sera rapidement très encombrant puisqu’il pousse vite et dépasse facilement 10 mètres. Par contre, si vous le mettez en pot, il grandira beaucoup moins et beaucoup moins vite, pouvant atteindre quand même 2 mètres d’envergure. Il se plait au soleil ou en mi ombre et résiste à -15°. Bien entendu, comme toutes les plantes aromatiques, il aura d’autant plus d’odeur qu’il bénéficiera de plus d’heures de soleil.

 

 

 

Et si vous vous faites piquer quand même, ne vous grattez pas, ne mettez pas de crèmes mais utilisez un procédé peu onéreux et très efficace. Comme les venins de nombreux insectes piqueurs, le venin de moustique est détruit par la chaleur, il suffit donc de faire tremper ou d’appliquer une compresse chaude sur la zone à traiter pendant quelques secondes à 3 ou 4 reprises. La température efficace devra être de 45 à 50°, soit à la limite de ce que l’on peut supporter sans se brûler. La démangeaison disparaît aussitôt.

 

Cela marche aussi pour les piqures de taons à la campagne ou pour les piqures de vive à la mer.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                   F. F. pour Art et Jardins du Cotentin.

 

Sarracenia purpurea.

par François Fossey

 

 

Il s’agit de la plante carnivore la plus répandue en Amérique du Nord et naturalisée en Irlande et dans le Jura. C’est une plante de tourbière qui pallie la pauvreté du sol en s’alimentant d’insectes. Un rhizome traçant porte des rosettes de feuilles modifiées en forme de cornet ou de tube creux appelés ascidies. Ils mesurent une quinzaine de centimètres et n’ont pas d’opercules pour pouvoir se remplir d’eau de pluie dans laquelle la plante secrète des sucs digestifs. L’odeur attire les insectes qui se posent et glissent dans le cornet du fait des poils et des secrétions muqueuses. Elle fleurit en mai-juin, une grande fleur pourpre au bout d’une hampe. Complètement rustique, elle peut rester dehors en hiver, en substrat humide. L’été, le pied du pot doit baigner en permanence dans une soucoupe d’eau de pluie : elle ne supporterait pas l’alcalinité des eaux du robinet. On les cultivera dans de la tourbe blonde pure et on ne mettra jamais d’engrais, (si elle a de l’engrais, elle n’a plus besoin de capturer des insectes et les ascidies disparaissent). Le plein soleil permet d’avoir des couleurs plus vives. Dans la nature, les touffes peuvent atteindre un mètre de diamètre.

 

 

 

 

 

 

 

Conseil du jardinier.

 

 

 

Pour réussir la culture des plantes carnivores, utiliser comme substrat de la tourbe blonde, ne jamais mettre d’engrais, arroser exclusivement à l’eau de pluie.

 

Lithodora.

par François Fossey

Il s’agit du « Grémil » qui regroupe un certain nombre de variétés de la famille des borraginacées,  genre de sous arbrisseaux et de vivaces à feuillage persistant. Ce sont des plantes de rocaille rustiques qui se plaisent en plein soleil en sol frais mais bien drainé. Leurs fleurs aux pétales étalés sont du plus heureux effet. On les multiplie par boutures aoûtées ou semis. On rabat les tiges après la floraison. Il vaut mieux ne pas déplacer un sujet installé.

 

Lithodora diffusa ‘’Grace Ward’’ est un petit arbuste à port compact. Les tiges trainantes, qui grimpent éventuellement sur les supports avoisinants, se couvrent de fleurs bleu foncé, (le modèle de la photo est ‘’Heavenly Blue’’). Les feuilles sont petites, lancéolées et duveteuses.

Ipheion uniflorum.

par François Fossey

 

 

 

 

Originaire d’Amérique du sud et appelé aussi triteleia, brodiaea uniflora ou étoile du printemps, l’ipheion est une liliacée d’une quinzaine de centimètres qui fleurit en avril. Ses fleurs en étoile, une par tige, sont violet pâle, éventuellement blanches ou jaunes. Les feuilles sont vertes et effilées. Les bulbes peuvent rester en place mais un léger paillage est utile pour protéger la plante. On peut aussi l’utiliser en potées qui sont du plus heureux effet.

 

La primevère

par François Fossey

La primevère.

 

 

 

C’est la fleur de saison par excellence puisqu’elle fleurit pendant l’hiver. Parmi les variétés sauvages, on distingue la primevère jaune de type ‘’acaule’’, dont les fleurs jaillissent directement du cœur de la plante. C’est la plus courante dans le nord de la Manche car elle préfère les terrains acides. L’autre variété, également jaune, est le type ‘’élatior’’ dont les fleurs forment une ombelle portée par une tige qui les dégage bien du feuillage. On la rencontre volontiers en terrain calcaire. Les primevères de montagne sont souvent de ce type.

 

Parmi les primevères de jardin, on retrouve les deux présentations, de même chez les primevères d’intérieur. Dans la variété ‘’élatior’’, il existe des cultivars dont la hampe florale porte des ombelles sur plusieurs étages. Impossible de les énumérer toutes : Il en existe plus de six cents variétés de coloris et de présentations différentes. Les primevères acaules sont facilement utilisables en jardinières d’extérieur.

 

 

 

 

 

Photo : Primevère ‘’élatior‘’ de fleuriste.

 

Question :

 

Est-ce maintenant qu’il faut tailler les hortensias

Les hortensias ont des inflorescences qui ne sont plus guère décoratives, d’où votre question.

 

On peut effectivement les supprimer dès maintenant en coupant au dessus des premiers beaux bourgeons. Il ne faut pas le faire trop tôt en saison pour éviter que ceux ci ne démarrent. On peut aussi profiter de cette taille pour supprimer les rameaux disgracieux ou trop âgés et refaçonner la silhouette de la plante.

 

D’aucuns préfèrent attendre le printemps pour procéder à cette intervention. C’est tout aussi valable, surtout dans les régions froides, car les ‘’têtes’’ protègent du gel.

 

Cette réponse concerne les hortensias qui fleurissent sur du bois de 2ème année, ceux qui fleurissent sur le bois de l’année, (‘’Annabelle’’ par exemple), seront taillés très court au printemps.

 

Le schizostylis.

par François Fossey

C’est une plante originaire d’Afrique du sud, dont les cormes rhizomateux se multiplient rapidement par drageons et donnent de grosses touffes qu’il faut diviser régulièrement sous peine d’envahissement anarchique au bout de quelques années.

Ses fleurs en épis et ses feuilles allongées le font ressembler à un élégant petit glaïeul de 40 à 60 cm de haut.

 

Il appartient à la famille des iridacées et fleurit d’octobre à décembre, ce qui est appréciable à une période où les fleurs se font rares. Il peut même attendre la neige comme en témoigne la photo, mais il n’y survivra pas !

 

Il se plait au soleil ou en mi-ombre, en sol riche et frais car il craint la sécheresse de l’été. On peut donc l’installer en bordure d’un bassin ou d’un bosquet.

 

Schizostylis coccinea présente de grandes fleurs écarlates en forme d’étoile à six pétales. Il existe aussi des variétés roses et blanches.

 

Le sarrasin.

par François Fossey

 

 

Le sarrasin est une plante herbacée annuelle cultivée pour ses graines, des akènes, riches en amidon. C’est le ‘’blé noir’’ cultivé par les Bretons pour faire les fameuses galettes. C’est une céréale très rustique qui s’accommode de tous les sols, même les plus pauvres. Elle est de moins en moins cultivée en France mais les chasseurs l’utilisent volontiers pour leurs ‘’cultures à gibiers.’’

Les jardiniers s’intéressent surtout aux cosses de sarrasin dont ils font des paillages pour maintenir l’humidité des plates bandes et empêcher la pousse des adventices. (Une minoterie du Val de Saire en fournit à la demande).

Le sarrasin fait partie de la grande famille des renouées ou polygonacées rencontrées souvent dans les jardins mais dont on a tendance à se méfier à cause de la fameuse renouée du Japon, si envahissante qu’elle est considérée comme une peste végétale.

La scille d’automne.

par François Fossey

La scille d’automne, comme son nom l’indique, fleurit à partir de septembre dans les lieux herbeux secs et rocailleux, de préférence à proximité du littoral. Dans la région, elle affectionne particulièrement les dunes comme à Biville où elle forme de grandes colonies.

 

C’est une petite plante bulbeuse de quelques centimètres, glabre, dont les petites fleurs en étoiles de quelques millimètres de diamètre s’épanouissent en grappe au sommet d’une hampe d’une dizaine de centimètres. Lilas à bleu violacé, rarement blanches, elles précèdent la pousse des feuilles, toutes radicales, filiformes et vert foncé.

 

C’est la période pour l’observer mais il faut regarder attentivement où on met les pieds car elle est discrète et on peut la piétiner sans la voir !

 

L’œillet de dune.

par François Fossey

 L’œillet de dune est une plante protégée que l’on rencontre de plus en plus rarement. Ceux de la photo poussent à Chausey, il y en a aussi aux limites de Barneville – Saint Jean et dans quelques autres lieux de la côte.

C’est le cousin de l’œillet des Chartreux rencontré en montagne et de l’œillet mignardise.

Très odorante, la fleur à cinq pétales dentés est d’un bleu plus ou moins pâle avec des variantes tendant vers le rose comme le ‘’dianthus gallicus’’ des côtes atlantiques.

Les tiges sont grêles et les feuilles, de couleur bleu-vert, opposées fines et allongées.

Il pousse dans les dunes fixées parmi les autres plantes de dune.

La carline de dunes.

par François Fossey

La carline de dunes, ou carline vulgaire, est un chardon biannuel que l’on rencontre couramment dans nos dunes littorales, les prairies et pelouses sèches ou les coteaux arides, en sol calcaire ou sableux. Elégant et décoratif, il sèche sur pied et restera ainsi une bonne partie de l’hiver.

C’est, comme tout chardon, une plante épineuse assez brutale. Sa tige vigoureuse, ramifiée ou non, porte des feuilles alternes, étroites et allongées, coriaces. Les fleurs composées forment des capitules de 2 à 4 cm de diamètre. Elles sont le plus souvent regroupées de 2 à 5. Jaunâtres à brun, elles sont entourées de bractées de même teinte mais  plus claires, linéaires, rigides et pointues. Les fruits sont des akènes surmontés d’une aigrette à poils plumeux. Ils se disperseront seulement en automne ou hiver. Cet élément, ainsi que le fait les ‘’pétales’’ sont en réalité des bractées explique la longévité de la fleur.

Dans sa première année, la plante se présente comme une rosette de feuilles basilaires

Le sceau de Salomon

par François Fossey

 

 

Le sceau-de-Salomon, (polygonatum), est une liliacée de la famille des convallariacées.

C’est une plante sauvage de sous bois voisine du muguet qui se caractérise par une longue tige de 30 à 80 cm porteuse de feuilles alternes à l’aisselle desquelles pendent de petites fleurs tubulaires blanches, généralement isolées ou regroupées par deux, (polygonatum vulgare ou odorant, à tige anguleuse), ou par 3 à 5, (polygonatum multiflorum, à tige ronde). Certaines variétés, rencontrées en montagne ont des tiges beaucoup plus grandes et ramifiées. Les baies, d’abord rouges, deviennent violettes en mûrissant. Polygonatum verticillatum a des tiges dressées et des feuilles lancéolées beaucoup plus étroites mais les mêmes fleurs blanches en forme de cloche allongée à sommet verdâtre.

Comme le muguet, c’est une plante rhizomateuse qui fleurit en mai.

Comme le muguet, c’est une plante toxique pour le cœur. Ses propriétés médicinales la font utiliser contre la goutte et les rhumatismes.

Son nom lui vient de ce que la tige, qui pousse verticalement à l’extrémité du rhizome, laisse sur celui-ci quand elle sèche à l’automne une cicatrice qui rappelle les sceaux anciens des rois. En déterrant complètement cette racine, on pourrait connaître l’âge de la plante en comptant toutes les ‘’cicatrices’’ puisqu’il y en a une par an.

Le sceau-de-Salomon est très fréquent dans nos sous bois normands.

Le clivia.

par François Fossey

 

Le clivia est une magnifique plante d’intérieur à floraison prolongée. C’est une classique des maisons de nos grands-mères.

 

Ainsi nommée en l’honneur de Lady Charlotte Florentia Clive Percy, duchesse de Northumberland qui fut la première à obtenir une fleur en Angleterre, cette ornementale est une amaryllidacée originaire d’Afrique du sud. Les feuilles vert foncé et luisantes forment un éventail ressemblant à un gros poireau au centre duquel émerge une hampe rigide qui porte une inflorescence de grandes fleurs rouge-orangé.

 

Elle craint l’excès de soleil en été et elle a besoin en hiver d’une période de repos et de sec à une température n’excédant pas 10°.

 

Elle fleurira d’autant mieux que le pot est petit : les rempotages ne se feront que tous les trois ans lorsque les racines déborderont. On peut en profiter pour dédoubler la plante.

 

Facile d’entretien, ses besoins en eau sont limités, il faudra donc lui en donner avec parcimonie.

 

On peut l’installer dans le jardin à mi-ombre en été.

 

 

 

 

 

Question.

 

 

 

Mes petits pois qui levaient bien ont disparu progressivement. Pourquoi et qu’y faire ?

 

 

 

Trois explications possibles :

 

Escargots et limaces les ont dégustés, chaque jardinier apporte la réponse qu’il souhaite en fonction de sa sensibilité et de ses conceptions écologiques.

 

Les oiseaux, attirés par le vert et les feuilles tendres les ont dévorés… à moins qu’il ne s’agisse de mulots, auquel cas il ne reste rien, même pas le graine.

 

Dans ces deux derniers cas, on peut leur en interdire l’accès en semant des poquets de 4 à 6 grains tous les 15 à 20 centimètres dans des bouteilles à eau coupées et enfoncées dans la terre. Les plantes se développent et, lorsqu’elles dépassent le haut des bouteilles, elles sont suffisamment fortes pour se défendre.

 

Les pleiones.

par François Fossey

 

 

Les pleiones sont des orchidées bulbeuses de pleine terre et sont en général faciles à cultiver.

Leur feuillage est caduc et leur floraison survient au printemps, en général avant l’apparition d’une feuille solitaire, lancéolée, d’une quinzaine de centimètres.

Les fleurs sont de coloris variés, roses, rouges ou magenta avec en général des taches pourpre sombre sur le labelle pour ‘’P bulbocodioides’’. ‘’P. x confusa’’ est jaune canari,  ‘’p. hookeriana’’ a des variétés blanches, ‘’p. humilis’’ fleurit plutôt en automne avec des fleurs blanches ou mauves à labelle frangé, marqué de brun ou de cramoisi.

Toutes ces variétés, adaptées aux rocailles sont semi rustiques et devront donc âtre protégées en hiver. Des apports réguliers d’engrais sont indispensables pour permettre aux pseudo bulbes d’atteindre un volume suffisant pour permettre la floraison.

le forsythia.

 

 

 

Le forsythia est un arbuste à feuilles caduques d’une grande vitalité qui annonce l’arrivée du printemps.

Sa floraison jaune vif généreuse ensoleille le jardin dès le mois de mars. Elle est d’autant plus remarquable que les feuilles n’apparaissent que secondairement, ce qui transforme l’arbuste en une masse fleurie uniforme.

Le forsythia s’accommode de tous les terrains et se bouture très facilement.

Comme il fleurit sur les branches de l’année précédente, il convient de le tailler après la floraison si on souhaite limiter son extension ou rééquilibrer sa forme.

Et, si vous êtes impatient d’avoir des fleurs, prélevez quelques rameaux et mettez les au chaud, ils ne tarderont pas à s’ouvrir. On peut ainsi les utiliser en décorations de Noël, si on a pris la précaution de les prélever au début de l’avent.

Le cognassier du Japon.

 

 

Le cognassier du Japon, (et non le pommier), ‘’chaenomeles japonica’’ ou ‘’chaenomeles speciosa’’ est un arbuste de la famille des rosacées qui fleurit très tôt, théoriquement de mars à mai. Beaucoup sont fleuris en ce moment, parfois depuis plus d’un mois. Des hybrides créés à partir de ces deux variétés ont permis de varier les coloris, (rose plus ou moins foncé, rouge ou blanc). Le port de l’arbuste est lui aussi variable selon les cultivars, buissonnant ou érigé.

Les feuilles vert foncé et brillantes sont caduques. Les branches sont épineuses et brutales, l’écorce sombre. Les fleurs en forme de coupelles qui s’épanouissent avant la sortie des feuilles donnent des fruits jaunes qui ressemblent plus à des pommes qu’à des coings. Une à trois branchettes fleuries suffisent à créer un bouquet de bonne tenue en vase, très décoratif, rappelant les compositions japonaises.

Tous les sols ordinaires, moyennement calcaires, conviennent. On peut tailler après la floraison pour rééquilibre le port de la plante ou limiter son volume.

Question.Il est apparu dans mon jardin une petite mousse verte faite de petites feuilles rondes serrées de 1 à 3mm de diamètre chacune. J’ai essayé de l’éliminer mais elle continue de s’étendre et devient envahissante. Comment s’en débarrasser ?

 

 

 

Cette petite mousse verte tapissante est du soleirolia et elle est pratiquement indestructible. Vous pouvez essayer de recouvrir la zone concernée avec une bâche plastique débordante que vous laisserez en place plus d’une année ou bien labourer régulièrement le terrain ou encore l’éliminer manuellement de façon répétitive. Cette plante est parfois proposée comme une alternative aux pelouses pour éviter la tonte. Elle est aussi en vente chez les fleuristes pour garnir le pied des plantes en pot mais c’est une séductrice dangereuse à éviter.

L’anisodontea.

par François Fossey


 

De la famille des malvacées, comme les hibiscus de plein air avec lesquels il est souvent confondu, l’anisodontea est une plante arbustive originaire d’Afrique du sud. Son port buissonnant très ramifié et son feuillage grêle bien vert lui donne une silhouette remarquable, agrémentée par de nombreuses petites fleurs roses pratiquement pendant toute l’année dans nos jardins du Cotentin.

Il se plait en sol bien drainé et, théoriquement, ne supporte pas des températures inférieures à 6-8°. Celui de la photo, (prise cette semaine), est en pleine terre depuis plusieurs années, sans aucun dommage. Il est prudent toutefois d’en faire des boutures à l’automne pour parer à un éventuel hiver rigoureux.

Question.

 

 

Mon figuier est couvert de figues qui ne murissent pas, qu’est-ce que je peux faire ?

 

Le figuier est plus adapté au Midi de la France qu’à la Normandie et le manque de chaleur explique que les figues ne murissent pas.

Cependant, beaucoup de gens de la Manche mangent des figues de leur jardin, et elles sont excellentes.

Deux explications :

Votre figuier est mal exposé dans un secteur venté et froid ou, plus vraisemblablement, il s’agit d’une variété inadaptée à la région. Vous avez bien un ami ou un voisin qui a un figuier productif, demandez lui une bouture ou une marcotte et vous pourrez, vous aussi manger de vos figues.

Baccharis genistelloides.

par François Fossey


 

C’est un petit arbuste originaire d’Amérique du sud connu sous le nom de ‘’carqueja’’.

Il est utilisé par les indigènes comme nourriture et pour purifier et assainir l’organisme. C’est à ce titre qu’on le retrouve en phytothérapie dans les pharmacies et herboristeries.

Son aspect est très original évoquant la forme des coraux et rappelant l’aspect du genêt à ailettes, de certaines fougères ou de plantes succulentes.

C’est cet aspect insolite qui fait son attrait, plus que sa discrète floraison blanche en été.

Il se plait au soleil ou en mi-ombre et peut être planté en pleine terre car il est remarquablement rustique, jusqu’à -10, -12°.

La linaire commune.

par François Fossey


La linaire commune fleurit en fin d’été dans les chaumes, les prairies, les talus, les bords de chemins et les friches.

De la famille des scrofulaires, c’est une plante à souche rhizomateuse rampante à tiges dressées portant des fleurs jaunes de forme analogue à celles du muflier, (‘’gueule de loup’’) mais beaucoup plus petites, 20 à 30 mm.

D’autres linaires sauvages poussent chez nous, une variété aussi fréquente que la linaire commune étant la linaire cymbalaire ou ‘’ruines de Rome’’ qui pousse dans les vieux murs, laissant pendre ses tiges grêles fleuries de petites fleurs lilas ou violet-mauve.

Le séneçon jacobée, ‘’seneçio jacobea’’, herbe de Saint Jacques.

par François Fossey

Le séneçon jacobée est une plante sauvage qui affectionne les bords de route et les terrains vagues. Comme son nom l’indique, il fleurit au moment de la Saint Jacques, (25 juillet). On ne peut pas ne pas le remarquer actuellement tout au long de nos chemins. Ses grandes touffes de 60cm à 1m garnissent les talus et les bernes de beaux capitules rassemblés en fausses ombelles d’un jaune lumineux qui persisteront jusqu’en septembre. De la famille des  composées, il se comporte en biannuelle ou vivace.

C’est une plante médicinale utilisée à ce titre par les médecins de l’antiquité, les médecins arabes et ceux du Moyen-âge. On retient surtout actuellement ses vertus cicatrisantes et anti hémorragiques mais, comme toute plante active, il faut l’utiliser avec discernement car elle est toxique pour le foie par voie interne et ses alcaloïdes sont cancérigènes

Lys de la madone

par François Fossey

Les lys sont originaires de l’hémisphère nord. Ce sont des plantes rustiques qui peuvent rester en place d’une année pour l’autre. Ce sont des plantes dont le bulbe est composé d’écailles charnues. La tige florale, élancée porte des feuilles courtes et se termine par une inflorescence de fleurs en trompettes séparées qui s’épanouissent en juin-juillet. Elles ont 6 étamines et un pistil saillants.

Ils aiment un sol léger, bien drainé, non calcaire et redoutent le sec comme l’excès d’humidité.

La majorité des lis émettent des racines adventices au dessus du bulbe. Il faut donc les enterrer suffisamment profond, 15 à 20 cm.

Le lis de la Madone ou ‘’lilium candidum’’ était présent dans tous les jardins de nos grand-mères. Ses magnifiques trompettes blanc pur sont centrées par des étamines d’un jaune lumineux.

Pour les multiplier, on peut lever les écailles périphériques d’un bulbe au printemps ou à l’automne et les mettre en terrine dans un mélange de sable et de terreau. On les mettra en plaine terre au bout d’un à deux ans mais les fleurs se feront attendre encore deux ans, le temps que le bulbe grossisse.

 Boronia heterophylla

par François Fossey


 

Les boronia sont de petits arbustes ou de sous-arbrisseaux à feuilles persistantes cultivés pour leurs fleurs. Considérés comme non rustiques, (minimum 7 à 10°, théoriquement), ils passent quand même bien l’hiver à Cherbourg, comme en témoigne celui de la photo, en place depuis 3 ans. Par contre, il leur faut un sol sableux, bien drainé, neutre ou acide. On peut les tailler après la floraison pour éviter qu’ils ne s’étiolent.

Les feuilles sont fines, divisées en folioles filiformes. Les fleurs apparaissent au printemps, globuleuses, en gros grelots, à l’aisselle des feuilles et la floraison se prolonge plusieurs semaines. La couleur la plus rencontrée est le rouge carmin, le rouge foncé, parfois le jaune ou le pourpre brunâtre.

Il existe diverses variétés : ‘’B. elatior’’, ‘’B. megastigma’’, ‘’B. heterophylla’’

  L’orme femelle en fleurs.

par François Fossey


 

Si vous vous promenez dans la campagne au début du printemps et que votre regard est attiré par un très bel arbre à la forme évasée élégante qui remplace le vert habituel des autres par un jaune pâle inhabituel, il s’agit surement d’un orme femelle en fleurs.

Malheureusement, on en voit de moins en moins car la graphiose, une maladie parasitaire redoutable a détruit la plupart des sujets en Europe occidentale.

Ces arbres, du genre ‘’Ulmus’’, originaires d’Europe et d’Amérique du Nord, fournissent un excellent bois d’œuvre et de chauffage, (une bûche d’orme qui a commencé de brûler se calcine jusqu’au bout à petit feu). On utilisait aussi l’orme pour faire des moyeux de roues, pour les moulins à aube en particulier. On en faisait aussi des affûts de canons, des sabots, des semelles de galoches, des arcs, des tours de filets à crevettes…

Depuis 1960, on recherche des cultivars résistants à la graphiose, (‘’ulmus résista’’ en particulier, d’origine japonaise), mais ils sont plus petits, souvent arbustifs et beaucoup moins décoratifs.

Le forsythia.

par François Fossey

Le forsythia.

 

La floraison lumineuse du forsythia ensoleille le jardin à la fin de l’hiver. C’est un des premiers arbustes à fleurir, fin février ou début mars. De nombreuses petites fleurs recouvrent les rameaux d’un manteau jaune d’or d’autant plus spectaculaire que les feuilles n’apparaissent que deux à trois semaines après, quand la floraison s’épuise. Originaire de Chine et du Japon, il fut introduit en Europe au 19ème siècle. Il pousse tout seul avec vigueur, s’accommodant de tous les sols pourvu qu’il soit au soleil. Il se taille après la floraison et se multiplie facilement par bouture ou marcotte.

La violette

par François Fossey

La violette.

 

Elle appartient au genre ‘’viola’’, comme la pensée et on pourrait dire que la pensée est une violette plate, ou que la violette est une pensée plissée.

Il en existe plusieurs variétés sauvages. La violette odorante est une espèce naturelle très répandue. Ses feuilles sont en forme de cœur. Elle s’épanouit de fin février à mai et ses teintes vont du violet au mauve, sans oublier les blanches.

La violette hérissée a des feuilles en pointe recouvertes de poils très fins, d’où son nom. Elle est inodore, comme la violette des bois, la violette de Rivain qui préfère les lieux herbeux et les landages ou la violette des chiens qui fleurit d’avril à juin.

Les violettes cultivées qui s’épanouissent à la Saint Valentin ont été le bouquet fétiche des amoureux. On les utilisait aussi en parfumerie et en médecine, les bonbons à la violette étant prescrits dans les maux de gorge. Actuellement, on connaît surtout la violette de Toulouse aux grandes fleurs mauves odorantes et la violette de Parme, à fleurs doubles, elles aussi très parfumées.

Le citronnier

par François Fossey


 


 

Le citronnier, ‘’citrus limon’’, de la famille des agrumes est originaire du Cachemire et ce sont les Arabes qui l’ont répandu dans tout le bassin méditerranéen. Il pousse volontiers sur la Côte d’Azur : les citrons de Menton sont bien connus. Il a la particularité d’avoir une floraison remontante. La variété ‘’lisbon’’ est très vigoureuse, remontante et résiste bien au froid.

Dans nos régions, il est conseillé de le cultiver en pot bien drainé dans un mélange fait d’une moitié de bonne terre de jardin non calcaire, d’un quart de terreau ou de compost et d’un quart de sable grossier ou de perlite. Il faut ajouter un engrais spécial agrumes et arroser chaque jour en été. Une surveillance stricte est de rigueur, les cochenilles s’invitant volontiers sur les tiges et les feuilles. On peut aussi essayer en pleine terre bien drainée et bien exposée dans un endroit protégé des vents froids. Le citronnier est très gourmand d’engrais, il faut en apporter avant la floraison, en juin et en septembre. En automne, il est recommandé d’améliorer le sol en matières organiques. Moyennant ces précautions, il n’y a aucune raison de ne pas récolter de citrons comme ceux-ci.

                                                      Janvier 2015

Le gui

 


 

 

Le gui.

 

C’est un arbrisseau semi-parasite dont les ramifications sont symétriques, ce qui lui donne l’aspect d’une boule. Le feuilles oblongues sont vert mat et les fleurs donnent des fruits ronds, verts en été et qui deviennent blancs lorsqu’ils sont mûrs en hiver. Les baies sont regroupées par trois, deux latérales et une en dessus. Chacune contient une graine, celle du haut comportant deux embryons et les autres un seul. La pulpe est une substance visqueuse, la viscine, dont on fait une colle, la glu.

Le gui pousse sur de nombreux végétaux ligneux. Le gui des feuillus est le plus courant, surtout sur les pommiers et peupliers, parfois sur les aubépines, sorbiers, tilleuls saules érables… Il est plus rare sur les noisetiers, bouleaux, frênes, charmes, poiriers, châtaigniers…

Très rare sur les ormes et chênes, (ce qui ne facilitait pas la tâche des druides !), il est absent sur les hêtres. Ce sont d’autres espèces de gui qui parasitent les conifères.

La dissémination du gui est le fait d’oiseaux qui mangent ses baies. La grive les avale entières et rejette les graines collées entre elles qui s’accrochent aux arbres. La fauvette ne mange que la pulpe mais elle colle la graine sur les branches.

Lorsque la graine germe au printemps, elle émet une sorte de racine qui perfore l’écorce sur laquelle elle est posée et pénètre à l’intérieur. L’arbre se défend en fabriquant une protubérance, sorte de tumeur anti gui, lequel répond en secrétant une substance anti tumeur, ce qui a amené les chercheurs à découvrir les vertus anticancéreuses du gui.

Bien entendu, à cette saison, comment ne pas parler du gui porte bonheur sous lequel on échange les souhaits de nouvel an : au gui l’an neuf ! Cette expression, aussi ancienne que classique n’avait pourtant pas cette signification à l’origine, c’est la déformation phonétique du cri des druides cueillant le gui au solstice d’hiver : ‘’O ghel an heu !’’, ce qui signifie : ‘’le blé germe’’ !

 

décembre

Skimmia japonica.

par François Fossey


 

Les skimmias sont de petits arbustes touffus de forme régulière et arrondie, ce qui rend la taille superflue, d’autant qu’ils ne dépassent guère 1 m. Ce sont des plantes dioïques : il y a des pieds mâles et des pieds femelles. Il faudra donc associer les deux pour avoir une fructification. Les fleurs femelles, blanches, sont assez banales mais elles donnent naissance à des fruits rouges très décoratifs. La floraison mâle est beaucoup plus spectaculaire, surtout la variété ‘’rubella’’ qui reste en boutons pendant tout l’hiver. Les feuilles ovales sont brillantes et rigides. Ils préfèrent les terres humifères non calcaires et acceptent soleil ou mi-ombre. La croissance n’est pas très rapide.

Les fruits, qui ont succédé aux fleurs femelles de printemps, tomberont cet hiver. Les fleurs mâles, à droite, sont en boutons qui vont grossir tout l’hiver et s’épanouir en mars en même temps que les fleurs femelles, à peine ébauchées en ce moment.


La Ronce

par François Fossey

 

Plante sauvage que l’on aime pour les mûres qui feront de savoureuses confitures ou pour son caractère défensif permettant de réaliser des haies infranchissables, la ronce est aussi détestée pour l’agressivité de ses ardillons redoutables et son caractère invasif.

Elle se propage de deux façons, par semence et par marcottage. Les oiseaux sont friands de mures. Ils se chargent de les colporter et de les disséminer partout, surtout au pied des arbres et arbustes, ce qui leur permettra de commencer de se développer sans qu’on les voie. D’autre part les extrémités des rameaux souples arrivent à trainer par terre et s’enracinent, donnant de nouvelles souches. C’est ainsi que les haies non entretenues s’élargissent de quelques mètres chaque année. La seule solution pour s’en débarrasser, les arracher ou couper les pousses à la racine, c’est à cette saison qu’elles sont les plus vulnérables.

Août

Le crépis

par François Fossey

Le crépis verdoyant, ou crépis virens ou à petites têtes ou encore crépis capillaire.

 

Ses inflorescences en fausses ombelles tapissent en ce moment les bas côtés de nos routes. Souvent grégaire, il réalise par endroits de véritables tapis jaunes. De la famille des composées, seules les fleurs extérieures sont ligulées, c’est-à-dire munies d’un pétale. Les fruits sont munis d’une aigrette comme ceux du pissenlit.

Les feuilles vertes aux bords irréguliers en grosses dents de scie sont divisées et pennées.

Il s’agit d’une espèce autochtone mais particulièrement envahissante. Les plantes s’arrachent facilement, ce qu’il est conseillé de faire avant la dissémination des graines.

juillet

La grande berce

par François Fossey

 

 

La grande berce est une coutumière de nos talus de bords de routes qu’elle garnit en ce moment de ses grandes  ombelles blanches au sommet de ses longues hampes. Improprement appelée dans la région ‘’panais sauvage’’ à cause de son odeur, elle s’en distingue par des feuilles de grande taille à folioles plus larges. D’ailleurs le panais sauvage, commun en Allemagne, Hollande ou Angleterre, ne fait pas partie de notre flore locale. Bien que beaucoup moins dangereuse au toucher que la berce du Caucase, elle peut provoquer des irritations cutanées comme la dermite de prés quand elle est humide.

Les fruits, (en formation sur la tige médiane de la photo), sont des diakènes aplatis à ailes larges que les enfants utilisent volontiers pour faire des batailles de confettis… ce qui, bien entendu, est déconseillé dans un jardin !!!

juin

Le laurier du Portugal ‘’Prunus Lusitanica’’.

par François Fossey

De la grande famille des prunus, il se présente comme un arbuste dense et buissonnant ou comme un arbre à port étalé. Beaucoup moins répandu que les autres lauriers, (laurier sauce, laurier cerise, laurier rose…), il est pourtant très intéressant par son aspect lorsqu’il est isolé. Ses tiges sont brun foncé et ses feuilles ovales, persistantes, vert foncé lustré. C’est en ce moment qu’il est le plus décoratif par sa magnifique floraison de petites grappes de fleurs blanches parfumées, à cinq pétales. Les fruits ovoïdes sont pourpre foncé mais ont souvent du mal à se former sous le ciel normand. Bien entendu, ils sont toxiques comme ceux de toute la famille des lauriers. Très facile à bouturer, sa croissance est rapide, pouvant atteindre 5 à 6 mètres.

juin

L'anémone pulsatile

par François Fossey

C’est une vivace caduque de la famille des renonculacées qui est intéressante par sa floraison et, ensuite, par sa fructification plumeuse, comme on le voit sur la photo.

Elle aime le plein soleil et un sol riche, plutôt calcaire et bien drainé.

On la multiplie par semis en été mais la germination n’intervient qu’au printemps suivant.

Les feuilles finement découpées portent de longs poils. Les fleurs, violettes, sont légèrement duvetées. La variété ‘rubra’’, à fleurs rouges, est magnifique, ‘’alba’’, à fleurs blanches, est beaucoup lus difficile à obtenir.